Comment dépasser une perte de motivation

Aujourd’hui, je voudrais te parler de ces moments dans la vie d’auteure ou d’entrepreneure où l’on se sent déconnectée de son projet, avec le spectre d’un désinvestissement, voire d’un abandon qui pointe son nez.

J’ai traversé ces moments tout ce mois de juin 2021 et j’entrevois depuis peu le bout du tunnel. J’ai pensé que ma prise de recul pourrait t’aider à regarder ce qu’il se joue pour toi si tu vis l’un de ces moments. Je te partage :

  1. Mes trois pistes de réflexion.
  2. Les trois solutions que j’ai implémentées.

La perte de motivation est un de ces états intérieurs chaotiques qui font partie du chemin du créatif, quel que soit son art. L’investissement intellectuel, émotionnel et psychique est tel que tu ne peux pas garder tout le temps ta cape de Captain Marvel !

En revanche, y rester coincée n’est pas une fatalité, car il y a toujours quelque chose à regarder en-dessous.

Voici trois pistes de réflexion

1. Tu es physiquement fatigué.e.

Quand on a le jus dans les chaussettes, difficile d’être inspiré.e, créatif.ve et de fournir un grand effort intellectuel. D’octobre à mars, j’ai beaucoup travaillé sans m’offrir suffisamment de repos. Au bon d’un moment, forcément, ça se paie.

Regarde ces quelques derniers mois au niveau de ta situation personnelle ou professionnelle si un événement t’a mis à plat. Ici, pas d’astuce miracle : repose-toi, reprend des forces, adonne-toi à des activités propices à la détente et à la récupération d’énergie. Définis la temporalité de ce moment de pause pour éviter de mettre une trop grande distance entre toi et ton projet.

Regarde également le rapport entre le temps passé sur un écran, et le temps passé en nature. Nous ne sommes pas des machines, mais des êtres sensibles et émotionnels. Lorsqu’on est solo-entrepreneur.e, toutes les tâches nous incombent, et cela peut être très souvent très submergeant. Notre conditionnement personnel ou professionnel peut nous amener à tirer sur la corde pour se donner l’illusion d’être ultra productifs.

Mauvaise pîoche !

Une de tes priorités en tant que créatif.ve et/ou entrepreneur.e est d’explorer une organisation qui te permet de travailler moins et mieux, et de prendre soin de ton énergie au quotidien, car c’est ta ressource la plus précieuse.

En tant que Projector en Human Design, je n’ai pas l’énergie du sacral pour me soutenir sur la durée. Comme mon chakra racine est défini, je peux avoir l’impression d’avoir de l’énergie, mais c’est une illusion.

Je suis très attentive aux variations de mon énergie au cours de la journée, et si je sens que j’ai trop tiré sur la corde, je fais une pause et me ressource en nature par une courte balade d’une heure.

Regarde ton organisation et comptabilise le temps que tu passes sur ton écran. Il y a peut-être un réajustement à effectuer.

2. Tu es tombé.e dans l’hyper-analyse.

Je suis une convaincue de la planification en amont d’un projet : avoir une vision et une feuille de route évite l’éparpillement et de se retrouver avec un projet non aligné à l’idée initiale.

Mon fonctionnement naturel est l’introversion et la structuration. J’ai besoin de temps de contemplation pour (ress)sentir les choses, mais j’ai ensuite besoin également d’organiser mes idées pour les clarifier. Quand je tombe dans l’hyper-analyse, je sors de ce fonctionnement naturel. Et je le ressens comme la peur de faire des mauvais choix, donc la peur de l’échec. C’est donc un mouvement de l’égo.

Réfléchir aux fondamentaux de ton histoire en amont de l’écriture fait partie des best practices, mais l’idée n’est pas d’être exhaustive et de connaître ton histoire dans les moindres recoins.

L’invitation ici est de passer à l’action. Si tu as de la clarté sur ton pourquoi, ton message-clé, sur l’arc de ton protagoniste et la dynamique avec les autres personnages et que tu sais dans les grandes lignes comment l’intrigue va se dérouler, c’est que tu es prête à écrire le premier draft. Et pas d’inquiétudes. Le travail d’écriture n’est pas terminé. La phase de révision servira à parfaire le manuscrit.

3. Tu repousses l’échéance de la mise en action.

Créer une offre ou un projet artistique, ça part forcément de soi, de ses tripes. C’est intime, vulnérable et aussi couillu parce qu’on y dépose nos valeurs de vie et notre perspective sur une problématique que l’on a observé du monde.

Repousser l’échéance de sortir une offre ou de se mettre à l’écriture ou d’oser publier un manuscrit peut être lié à un sentiment d’illégitimité ou au syndrome de l’imposteur. J’y entrevois aussi une réactivation d’une blessure de rejet et la peur de la critique par anticipation.

Pour traverser ces moments, cela demande d’être extrêmement bienveillant.e avec soi, car c’est une part de nous qui demande à être regardée avec amour et compassion, et à être accompagnée pour être dépassée.

Ne tombe pas dans la procrastination, regarde plutôt vraiment ce qu’il se joue ici. Rappelle-toi pourquoi tu entreprends ce projet et pour qui. Reconnecte-toi à l’essence et à la beauté du message que tu as à délivrer. Essaie de retomber en amour avec ce projet.

 Comment sortir de cette spirale ? Voici les trois solutions que j’ai implémentées.

Solution #1. Tenir un journal émotionnel

Depuis fin mai, j’écris tous les matins dans « mon journal émotionnel » avant de commencer ma journée de travail. J’y inscris ma météo énergétique et émotionnelle à l’aide d’un code couleur. Puis, en écriture inspirée ou intuitive, j’écris ce par quoi je traverse. Parfois, je pose des questions à la vacuité. Mais comme le vide n’est pas vide, je reste rarement sans réponse !

Réserve-toi un joli carnet pour ce travail d’introspection, en dehors de ton carnet où tu y inscris tes idées. Choisis le moment le plus propice pour toi. Je le fais le matin, mais tu peux aussi le faire en soirée pour revenir sur les émotions et difficultés vécues pendant la journée.

Solution #2. Passer par une autre expression créative.

Quand on est bon dans un domaine artistique, passer par une autre forme d’art est un moyen efficace pour canaliser cette vulnérabilité et lui offrir un espace nouveau d’expression.

Moi, j’ai choisi la peinture. Je me suis achetée un petit kit d’aquarelle et je pose dans mon planning de la semaine 1 à 2 heures d’activité artistique. C’est un travail plus intérieur qu’il n’y parait, parce que la pensée initiale qui me traverse au moment de poser le pinceau, c’est : « je vais rater » ou « ça va être nul ». Mais, ensuite, le plaisir de mélanger les couleurs et juste d’être dans le mouvement prend le dessus.

C’est comme se reconnecter à sa part d’enfant, cette partie de nous qui est curieuse d’explorer sans pression ni attentes particulières. Ce bout de notre âme que l’école et l’éducation ont piétinée en nous faisant entrer dans un état d’esprit de compétition. C’est très libérateur d’entreprendre quelque chose sans y mettre un enjeu de dingue.

Mon invitation pour toi ici est de trouver une activité artistique ou manuelle qui permet de canaliser ta sensibilité et ta créativité autrement que par l’écriture, et de te reconnecter au plaisir pur de l’expression de toi-même par le mouvement.

Solution #3. Passer par la parole pour poser des mots sur mes ressentis.

Depuis que j’ai entrepris de me faire coacher pour mon business, je ne m’imagine plus faire sans. Après trois mois de coaching hebdomadaire, je vois désormais ma coach une fois par mois en supervision. Cela est devenu désormais essentiel à mon équilibre et je l’ai intégré à mon système de soin personnel.

Par la parole, on sort de son mental, et on se confronte à une autre perspective que la sienne. On évite de rester en circuit fermé à l’intérieur de soi où les émotions et le jugement sur ces émotions créent une énergie stagnante qui finit par nous desservir et nous poser en échec. Les bienfaits de la parole permettent de sortir de l’extrême exigence, pour ne pas dire dureté, que l’on s’inflige à nous-mêmes, et de rendre naturel ce mécanisme de bienveillance envers soi.

Une fois par mois, je participe également à des ateliers de co-développement avec d’autres entrepreneures. On s’est rencontré lors d’une courte formation, et on a décidé de continuer l’aventure seules de notre côté. Au cours de nos séances, on se motive, on se challenge, on partage nos avancées et on s’offre mutuellement des prises de recul sur nos états intérieurs.

Mon invitation pour toi ici est de t’appuyer sur une ou des personnes-ressources de confiance dans ton univers de soutien (famille, amis auteures, coach, thérapeute). Partage ce que tu traverses, et sois à l’écoute et ouvert à la mise en perspective que cette personne peut t’offrir.

Voilà ce que je voulais te partager aujourd’hui.

J’espère que ces trois pistes de réflexion t’auront aidé à trouver quelques clés pour te replacer sur une bonne dynamique.

Crédit photo : Caleb George / Unsplash.
Trois solutions pour dépasser une perte de motivation

Laisse-moi t’envoyer des lettres…

Les Story Letters sont des lettres mensuelles pour te partager ce qu’il se passe dans ma vie d’entrepreneure créative et dans ce que j’expérimente avec les auteur(e)s, les artistes et les entrepreneur(e)s que je côtoie ou accompagne. C’est un mélange de coaching, de partages d’expérience et de prises de conscience, toujours avec l’intention de t’apporter une perspective nouvelle sur l’art de vivre une vie créative joyeuse et jouissive.