Booster sa créativité en unifiant nos énergies féminine et masculine

Lorsque j’ai quitté Paris en octobre 2020, je suis partie en mode nomade en Bretagne. J’ai choisi comme première terre d’exploration le Finistère, et ai atterri à Morlaix chez un couple gay.

J’avais réservé pour un mois. J’y suis restée en fait 9 mois !

Neuf mois pour me déposer dans une autre vie, sur un autre rythme, à réapprendre l’écoute du silence et ce qu’il peut me dire, à me reconnecter à la nature et sentir à quel point elle me nourrit et m’enseigne.

Une nouvelle naissance.

Leur rencontre a été déterminante : être au contact quotidien de ces hommes « féminins » m’a fait prendre conscience à quel point j’avais oublié cette part de moi. Avec le recul, je me rends compte qu’ils m’ont aidée à réintégrer dans mon vaisseau de chair le Féminin incarné que je suis, et que j’avais laissé sur le bord de la route il y a deux décennies.

J’avais vécu vingt ans dans une hyper-masculinisation de mon énergie, déjà très Yang de nature, parce que, en tant que maman solo, il a fallu être sur les deux fronts, et le front qui l’a emporté est celui où j’ai dû enfiler le « costume » de chef de famille, celui qui subvient aux besoins matériels et financiers du foyer. Celui qui assure la survie de la tribu, si petite qu’elle soit.

Aujourd’hui, je me rends compte que cette hyper-masculinisation a généré beaucoup de distorsions qui m’avaient éloignée de ma véritable nature :

  • une incapacité à faire preuve de douceur et de bienveillance avec moi-même, ce qui avait développé un non-amour pour moi-même (ou comment intégrer son bourreau intérieur !) ;
  • une non-écoute de mes besoins et un fonctionnement sur un mode « je me fouette pour avancer ».
  • une non-reconnaissance de ma nature intuitive, ce qui m’a conduit à prendre des décisions avec le mental plutôt qu’en écoutant les signaux de mon corps et de mes émotions.
  • un rejet de la fluidité et de la spontanéité, ce qui m’a enfermée dans des cadres trop rigides de fonctionnement et de pensée, et m’a déconnectée de mon rythme naturel bien plus souple et lent que je ne voulais l’admettre.

Qu’on soit femme ou homme, un Masculin trop longtemps en surchauffe crée une conséquence inévitable : celui de se cramer ! Ce n’est plus un Feu qui nourrit, qui réchauffe, qui rassemble. C’est un Feu imposant, autoritaire, dictatorial, détruisant tout sur son passage. Pénétrant avec force, sans respect, sans considération, sans consentement, sans empathie. Il n’offre plus au Féminin le cadre sécurisant et le soutien pour s’exprimer, se déployer et rayonner. Il le consume dans une rage brutale.

Qu’on soit femme ou homme, un Féminin trop laissé en souffrance ou en carence a pour effet de piétiner toute tentative d’exprimer sa vérité intérieure, dans sa capacité à s’écouter pour poser les choix les plus vibrants dans l’instant présent ; à étouffer toute part de Soi en reliance avec le monde subtil, organique, avec le Vivant, avec l’Esprit Saint avec un E majuscule, l’élément indispensable à la Trinité et qui lui donne son Souffle Créateur ; à empêcher de facto tout discernement, et au final toute Souveraineté sur soi.

On le vit de manière collective. On le vit de manière individuelle. Je l’ai vécu dans mon corps l’année dernière au cours d’un méchant burn-out.

L’invitation qui nous est offerte en ces temps particuliers est de rallumer le principe divin féminin et de baisser le volume du principe divin masculin pour retrouver un équilibre dans nos vies, dans nos fonctionnements au quotidien, dans nos élans créateurs.

J’ai observé chez moi comme chez mes client(e)s auteur(e)s et mon cercle proche d’entrepreneur(e)s, deux choses simultanées :

  1. Une difficulté à quitter le monde des idées pour entrer dans le monde de la forme.
  2. Une résistance à embrasser la part masculine de la Création, qui est le passage à l’action.

Le monde de la contemplation, de l’observation, de l’inspiration, de l’intuition et de l’imagination est d’essence féminine. Celui de la forme, de la structure, de la direction, du focus est d’essence masculine.

Les deux sont nécessaires pour donner vie à un projet, quel qu’il soit et quelle que soit sa forme ou son amplitude. Dans tous les cas, le principe féminin vient en premier parce que la vision précède l’action.

Un Féminin blessé, en souffrance ou en carence, concrètement, ça donne quoi ?

– Evoquer l’idée de se lancer dans un projet artistique ou entrepreneurial, mais ne faire qu’en parler au lieu de se mettre véritablement en chemin, et valider si c’est un vrai désir ou un fantasme. 

– Multiplier les idées de projets sans vraiment s’engager dans un en particulier (appelé aussi le syndrome de l’objet brillant, ou tu es davantage excité(e) par la nouveauté d’une idée que sa concrétisation).

– Une résistance à ancrer des rituels ou des routines pour faire de la place à ce projet, dans sa vie, ce qui s’exprime par de la procrastination et des excuses qu’on reconnaît volontiers comme bidons.

– Une incapacité à articuler clairement une idée originale ou une vision, et la traduire en un projet concret avec une direction claire.

– Une peur de dévoiler son monde intérieur, surtout si on a été jugé, réprimandé, humilié dans notre enfance/adolescence pour avoir exprimé un besoin, une vérité, une création, etc. (l’information est engrammée dans le subconscient).

– Une peur de se rendre visible, de se déployer vers l’extérieur, parce que cela implique d’accepter le contrat qui va avec : devenir un(e) leader d’opinion – peu importe l’échelle – et accepter de ne pas plaire à tout le monde, accepter l’inconfort de rendre les autres inconfortables de par notre vision du monde, notre perspective, notre parti pris.

Un Masculin en surchauffe, concrètement, ça donne quoi ?

– Forcer une création (artistique ou une offre pour son business) à naître au monde alors qu’elle n’a pas été nourrie au préalable par un temps de contemplation et d’incubation, d’où l’habitude assez ancrée de démarrer l’écriture d’un projet sans vraiment se poser les questions essentielles au préalable ou de lancer des offres pour lesquelles on n’est pas encore prêt énergétiquement à soutenir.

– Se culpabiliser parce que son projet n’avance pas aussi vite qu’on voudrait. On n’est pas assez « dans l’action », pas assez « régulier », pro-actif.

– Se juger de nourrir la part créative en Soi, et de laisser « tomber » des responsabilités hautement « plus raisonnables ».

– Se retrancher derrière le cadre, la structure, les codes, pour ne pas avoir à contacter la part plus vulnérable, émotive et chaotique que demande la créativité.

– Rejeter tout élan créatif ou artistique s’il n’a pas une finalité « utile », ou dit autrement, rejeter l’invitation d’être dans la joie pure de créer sans attentes ni agendas.

Comment on rééquilibre tout ça ?

1. Rétablir un temps d’incubation et accepter que la Création ait aussi un Temps Divin. Tu ne peux pas forcer un enfant à naître avant l’heure (enfin tu peux, mais ça le contrarie fortement !), comme tu ne peux pas forcer une fleur à pousser plus vite. Une création a un espace-temps qui lui est propre. Ton job ? : t’aligner sur cette ligne temporelle, te mettre en chemin et à son service, sans chercher à la distordre ou à en prendre le contrôle (c’est peut-être d’ailleurs à ce niveau que les résistances peuvent apparaître).

2. Intégrer que ta création est un champ éthérique subtil et conscient, et qu’elle peut te donner des réponses quant à sa propre réalisation et concrétisation. Dit autrement, tu peux entrer en relation avec ta création comme tu pourrais entrer en connexion avec la nature, tes guides (ou ton guide intérieur), ton corps. Tu peux lui demander « Est-ce que tu es pour maintenant ? ». Vois ce qu’il se passe. Demande que les réponses te soient apportées d’une manière qui fait sens pour toi.

3. Laisser ta création t’enseigner ce que tu as à traverser en tant qu’Artiste pour l’amener dans la forme: Si tu sens une résistance à y aller, si tu traverses des états émotionnels intenses qui te bloquent ou te paralysent, pose la question : « Est-ce que je résiste à te donner une forme ? Si oui, pourquoi ? ». Idem : demande à ce que les réponses te soient apportées d’une manière claire (avoir l’œil sur les synchronicités : conversations, lectures, dialogues dans un film, etc.).

4. Accepter que certaines créations aient simplement pour mission de t’amener à un niveau supérieur de conscience, de maîtrise de ton art et/ou de reconnexion à toi-même, et pas d’être nécessairement partagées avec d’autres, et être okay avec ça.

Créer avec cette conscience change tout. On arrête de cravacher pour avancer à tout prix et on arrête de se prendre le chou lorsqu’on traverse une phase « en apparence » calme où on a l’impression qu’on fait du sur-place et qu’il ne se passe rien.

En vérité, il se passe beaucoup de choses. Le repos n’est pas improductif, bien au contraire. Il prépare le corps et toutes ses fonctions à se mettre en marche lorsque le timing est bon.

Crédit photos : Asap Rocky / Unsplash

Unifier notre féminin et masculin pour booster notre créativité

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Les Story Letters sont des lettres mensuelles pour te partager ce qu’il se passe dans ma vie d’entrepreneure créative et dans ce que j’expérimente avec les auteur(e)s, les artistes et les entrepreneur(e)s que je côtoie ou accompagne. C’est un mélange de coaching, de partages d’expérience et de prises de conscience, toujours avec l’intention de t’apporter une perspective nouvelle sur l’art de vivre une vie créative joyeuse et jouissive.