Caroline de Surany, Le bruit de l'absence

Aujourd’hui, j’ai envie de célébrer avec toi la sortie du tout premier roman de Caroline de Surany, Le bruit de l’absence, un feel-good qui parle du sujet ultra tabou des fausses couches.

Thérapeute et coach, Caroline de Surany a fait partie des auteur.es pionnier.es qui ont testé la toute première version de Raconte-moi une histoire et qui ont vu mes débuts de coach littéraire ! C’était en novembre 2020.

Lorsque Caroline m’a contactée, elle était coincée sur son roman à la page 63, avec une intrigue qui s’était essoufflée et qu’elle avait peine à faire redémarrer. Ensemble, on a exploré en profondeur la véritable histoire qu’elle voulait raconter, le message avec lequel elle avait envie que son audience idéale reparte, et partant de là reconstruire une intrigue et un arc des personnages plus puissants.

Notre accompagnement lui a permis de se transformer sur deux plans.

1. Son processus créatif. Comme tous les auteur.es au profil Pantser, Caroline est très douée pour bien caractériser ses personnages qu’elle connaît parfaitement. Et comme tous les Pantsers, sa bête noire, c’est structurer son intrigue en amont de l’écriture ! Pourtant, Caroline a écrit plusieurs ouvrages de non-fiction, et pour chacun a fait un plan avant de les écrire. Son passé de journaliste y est pour beaucoup. Mais elle se sentait incapable d’anticiper les scènes de son roman et ébaucher un plan sur cette base. Non seulement, elle a réussi à le faire, mais cet exercice lui a permis de faire des choix créatifs plus éclairés avant et pendant l’écriture.

2. Assumer son message et son rôle de Conteuse-Guérisseuse. L’histoire de son protagoniste, Hortense, c’est son parcours de femme qui a vécu deux fausses couches et qui s’est confrontée à la non-réponse de la médecine allopathique et au refus de son entourage de voir ces deux événements traumatiques comme de vrais deuils. En étant accompagnée dans ce projet, Caroline a réaffirmé sa motivation à écrire cette histoire de profonde guérison. Histoire qu’elle aurait voulu avoir sous la main lorsqu’elle vivait ces moments difficiles. Cette histoire, c’est aussi son cadeau aux femmes.

A l’occasion de la sortie de son roman, qui paraît le 18 octobre 2022 aux éditions Nami, je l’ai interviewée pour qu’elle nous raconte comment s’est passée l’écriture de ce roman.

Bonjour, Caroline. Merci d’avoir accepté mon invitation pour nous parler de ton premier roman, Le bruit de l’absence, qui sort le 18 octobre 2022 aux éditions Nami. Dans quel état d’esprit es-tu en ce moment ?

Caroline de Surany : J’ai peur, peur que personne n’entende parler de mon livre, peur qu’il ne plaise pas ou pire qu’il soit ignoré et que personne ne sache qu’il existe. Et à la fois, je suis heureuse à l’idée qu’il se concrétise, qu’on va pouvoir le trouver dans les librairies, que la magie va peut-être opérer !

Tu abordes dans ce roman le sujet des fausses couches. On connaît toutes au moins une femme qui a vécu ce type d’événements traumatiques dans notre entourage. Et pourtant, ce sujet est encore tabou, au sein des familles d’abord, puis plus largement dans la société. Quel regard portes-tu sur ce sujet et pourquoi c’était important pour toi d’écrire sur cette thématique ?

Caroline de Surany : Ce tabou, c’est ce que j’ai le plus mal vécu. Beaucoup de personnes, au lieu de montrer un peu d’empathie, m’ont dit : “Oh ! mais pourquoi l’avoir dit avant trois mois ?” Comme si ça les dérangeait de se sentir concernés. J’ai trouvé très hypocrite cette omerta sur les trois premiers mois. Quel avantage cela a-t-il de ne rien dire ? Je me suis aussi rendue compte qu’autour de moi plein de femmes que je connais avaient fait des fausses couches sans que je n’en sache rien, même certaines assez proches. Je me suis demandé comment elles avaient affronté tout ça, et j’ai réalisé que la plupart d’entre elles avaient enterré le problème en mode “je n’ai pas le droit d’être triste” et s’étaient forcées à passer à autre chose sans avoir fait aucun travail de deuil. C’est une des grandes motivations de l’écriture de ce livre : montrer que c’est un vrai deuil et qu’il peut être un trésor de belles surprises si on va au bout.

Une fausse couche, ça ne bouleverse pas que la femme et son rapport à la maternité, mais le couple aussi dans sa dynamique relationnelle. Qu’as-tu découvert à ce sujet et comment l’as-tu insufflé dans ton roman ?

Caroline de Surany : Le sujet a été très complexe à vivre et à écrire, car les hommes n’expérimentent pas les choses dans leur corps. Pour eux, c’est du virtuel : c’est là, ce n’est plus là. C’est contrariant mais c’est plus facile pour eux d’aller de l’avant, ce qui donne des situations impossibles tant le décalage est grand. Résister à cette tempête a renforcé mon couple mais on a bien failli faire naufrage.

Comme tu viens de l’évoquer, le personnage principal, Hortense, c’est aussi une part de toi et de ton histoire personnelle. Comment s’est passée l’écriture de ce projet sur le plan émotionnel ? Comment as-tu réussi à garder suffisamment de distance pour aller au bout de ce projet ?

Caroline de Surany : C’était très dur. Chaque passage a fait remonter des blessures pas encore tout à fait guéries. C’est grâce au personnage d’Hortense, en la définissant bien clairement que j’ai pu prendre de la distance. Relire certains passages a été une épreuve, mais j’ai l’impression que cela m’a aussi permis de prendre de la distance sur mon histoire et de guérir ce qui était encore à vif.

Lorsque tu m’as contactée pour un coaching, tu étais coincée vers le milieu de ton roman et tu ne savais plus comment faire avancer l’intrigue. Comment cet accompagnement a fait évoluer ton projet initial ?

Caroline de Surany : J’ai appris à créer une intrigue. Avant j’écrivais en laissant venir, mais je me suis rendu compte que cette méthode ne fonctionnerait pas pour un roman. Enfin, si, mais avec un cadre : celui d’un plan. J’ai détesté faire cet exercice du plan, c’était tellement compliqué pour moi d’organiser tout ça, et j’avais la croyance que ça allait casser la magie du texte. Au final, une fois le plan fait, j’ai pu à nouveau laisser venir et ça a très bien fonctionné. Je ne manquais pas d’inspiration, comme je l’imaginais, mais de cadre.

Tu as déjà publié plusieurs livres de non-fiction, mais Le bruit de l’absence est ton premier roman. Qu’as-tu découvert de nouveau sur toi en tant qu’auteure ? Ton processus créatif a-t-il évolué depuis l’écriture de tes premiers livres ?

Caroline de Surany : J’ai adoré créer des personnages. C’était ma partie préférée : leur donner de la substance, les rendre authentiques en imaginant leur histoire, leurs blessures, leurs motivations. Avant, je n’écrivais pas de fiction, car je pensais que c’était artificiel. Cette expérience m’a permis de me rendre compte qu’en réalité c’est un moyen génial de toucher des personnes qui ne lisent pas de développement personnel, tout en m’amusant.

Ton premier roman sort aux éditions Nami. Lors de nos derniers échanges, tu m’as partagé la difficulté que tu as eu pour trouver un éditeur. Peux-tu nous raconter comment s’est passée cette phase de soumission ?

Caroline de Surany : J’ai la chance d’avoir un agent qui croit en moi et a envoyé un extrait du roman à plusieurs maisons d’édition bien ciblées quand je l’ai terminé. On a rapidement eu plein de réponses négatives, certaines même assez désagréables. On l’a ensuite envoyé à d’autres maisons de façon un peu plus large. J’étais triste, car c’était essentiel pour moi de faire passer ce message d’espoir, cette idée que l’on peut reprendre le pouvoir même quand on croit qu’on n’a pas la main. J’avais décidé de l’auto-éditer si personne ne le prenait, mais il n’aurait pas eu le même écho. Mon mari m’a conseillé d’attendre la fin de l’année avant de prendre ma décision. Et miracle, mi-décembre 2021, mon agent m’appelle pour me dire que deux maisons sont intéressées. J’ai choisi les éditions Nami, car leur ligne éditoriale me parlait beaucoup.

Raconte-nous comment s’est passée la collaboration avec ton éditrice. Tu m’as partagé lors d’une conversation que les passages les plus authentiques, c’est-à-dire ceux que tu avais vraiment vécus dans ce profond chemin de guérison, étaient ceux que ton éditrice trouvait les moins crédibles ! Je trouve ça assez dingue ! Comment as-tu réussi à trouver cet équilibre entre authenticité et crédibilité, sans faire de compromis artistiques qui auraient peut-être nui à la puissance de ton message et de la transformation du personnage d’Hortense ?

Caroline de Surany : Oui, il y a eu des choix complexes à faire. Par exemple, le personnage de Charles est beaucoup plus compréhensif et bienveillant avec Hortense que ne l’a été mon mari avec moi. Mon éditrice m’a dit qu’on ne pouvait pas avoir un Charles si dur, sinon les lectrices allaient le détester. Et elle avait raison, car dans les premiers retours de lectrices que j’ai pu avoir, plusieurs d’entre elles disaient que le personnage de Charles était vraiment détestable. Qu’est-ce que cela aurait été si je n’avais pas allégé ? Idem pour la gynécologue qui avait des phrases bien plus cruelles, tout comme la directrice de la radio. Parfois, la vérité nuit au texte. De même qu’on peut parfois se dire, dans certaines situations, que dans un film ou un roman, on n’y aurait pas cru une seconde.

On sait aujourd’hui qu’un.e auteur.e doit être impliqué.e dans la promotion de ses ouvrages, qu’iel ne peut pas se reposer uniquement sur son éditeur. Quelles actions de communication as-tu menées pour accompagner la sortie de ce roman ? 

Caroline de Surany : Il y a quelques mois, sous l’impulsion de ma coach préférée, j’ai lancé une newsletter. Elle est aujourd’hui suivie par 65 personnes. On est loin des audiences d’influenceuses, mais elle se construit petit à petit. Par ailleurs, je poste régulièrement sur les réseaux sociaux au sujet de l’avancée de mon travail : relecture, choix de la couverture, moments difficiles, flashbacks sur la création des textes.

Merci pour ce précieux partage. Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour les prochains mois ? As-tu d’autres projets d’écriture sur le feu ?

Caroline de Surany : Un grand succès pour ce premier roman qui m’ouvre les portes d’un autre. Actuellement, je réfléchis à un projet de livre de portraits autour du cacao ; c’est en phase de développement pour le moment.

Caroline de Surany, Le bruit de l'absence

Peut-on faire le deuil d’un enfant qui n’est pas né ?

Hortense ne pensait pas se poser un jour cette question et pourtant, après deux fausses couches, elle se trouve désemparée. Confrontée à la froideur de la prise en charge médicale, sentant son couple en danger, elle décide de se tourner vers une autre voie et consulte une chamane énergéticienne. C’est le début d’une quête intérieure, qui lui permettra de comprendre, d’accepter, de pardonner, pour enfin pouvoir avancer.

Un roman profondément juste et intime, à fleur de peau, qui nous conte l’inoubliable voyage initiatique d’une jeune femme en quête d’elle-même.

Caroline de Surany, Le bruit de l'absence

Caroline de Surany est hypnothérapeute et coach. Elle est spécialisée dans l’accompagnement des personnes hypersensibles et multi-potentielles ou haut potentiel. Sa démarche est de revenir au corps, ce messager qu’on oublie un peu trop souvent, et l’utilisation comme outil de libération émotionnelle pour exprimer sa pleine puissance.

Elle propose notamment une cérémonie du cacao sacré en cure de 7 jours ou 21 jours. Je l’ai testée : c’est puissant !

Elle est l’auteure de « La chance, quel talent ! » aux éditions Larousse et d’un récit initiatique « Va vers ta peur » aux éditions Marabout.

Retrouve Caroline ici : https://carolinedesurany.com/

Crédits photo : Cedrik Verdure / Mathieu Risacher

Caroline de Surany, Le bruit de l'absence

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Les Story Letters sont des lettres mensuelles pour te partager ce qu’il se passe dans ma vie d’entrepreneure créative et dans ce que j’expérimente avec les auteur(e)s, les artistes et les entrepreneur(e)s que je côtoie ou accompagne. C’est un mélange de coaching, de partages d’expérience et de prises de conscience, toujours avec l’intention de t’apporter une perspective nouvelle sur l’art de vivre une vie créative joyeuse et jouissive.