Les 8  ingrédients-clés d'une histoire à fort potentiel commercial
Existe-t-il vraiment une recette pour écrire une histoire captivante, qui rencontrera un beau succès auprès d’un public ?
 
Comment se démarquer de la masse de manuscrits qui arrivent chaque semaine sur les bureaux des éditeurs, ou celles des livres auto-édités disponibles sur les plateformes en ligne ?
 
Je te partage dans cet article quels sont pour moi les 8 ingrédients-clés qui caractérisent une histoire réussie, pour que tu puisses mettre toutes les chances de ton côté.

Ingrédient #1 – Aborde un sujet/une thématique d’actualité

Tous les sujets sont bons, mais lorsqu’ils trouvent un écho dans ce que vit la société aujourd’hui, c’est encore mieux.

Ta mission en tant que Storyteller, c’est de prendre le pouls du cœur de l’Homme, l’observer et lui faire miroir de ses potentiels et l’encourager, comme lui révéler ses errances, et lui proposer un autre chemin, plus lumineux.

Nous sommes à la fin d’un cycle de notre humanité où l’ancien paradigme, désormais obsolète, est en train de s’écrouler, mais le nouveau paradigme reste à construire. Ce qui crée beaucoup d’incertitudes et d’insécurité émotionnelle et psychologique.

Les thrillers (dont le rôle cathartique est de permettre la libération d’angoisses), la romance (exploration de nos énergies féminine & masculine), la littérature de l’imaginaire (canalisation d’univers et mondes parallèles, de lignes temporelles différentes ou futures, accès à des plans supérieurs de conscience, des enseignements et sagesses anciennes, de civilisations perdues) et les histoires « feel good » qui comprend une part de développement personnel sont les plus plébiscités.

Les récits à caractère spirituel et récits initiatiques ont aussi un grand rôle à jouer.

Rappelons que La prophétie des Andes s’est vendue à plus de 20 millions d’exemplaires dans le monde et a été traduite dans 35 pays.

Les sujets qui marchent bien tournent autour de l’écologie/enjeux environnementaux, de la famille (dynamique, relations, blessures inter- et transgénérationnelles), du pouvoir (politique, économique, médiatique, scientifique, nouvelles technologies et leurs potentielles dérives), de l’identité/quête de vérité, de sexualité et rapports hommes/femmes (jeux de pouvoir, violence, adultère, intimité, relations atypiques), des enfants/parentalité (adoption, violence, éducation, développement, rites de passage enfance-adolescence et adolescence-adulte).

Si tu situes ton intrigue dans un temps du passé ou un temps du futur ou d’un monde parallèle, vigilance. Dans un cas comme dans l’autre, il doit y avoir des éléments qui trouvent un écho dans ce que vit la société actuelle. Cela te garantit que ton audience puisse y voir une résonance avec notre époque et soit plus réceptive au message de ton histoire.

Ingrédient #2 – Assume un parti pris fort sur ton sujet ou ta thématique

Ne te sens pas découragé.e parce que tu penses que tout a déjà été écrit. L’originalité ne se trouve pas dans le sujet mais dans ta façon de l’aborder.

Ta vision du monde est unique. Tu regardes et ressens le monde autour de toi à travers ton propre filtre, selon tes propres expériences, tes valeurs, tes croyances, tes observations et la sagesse que tu en as retirée.

Les éditeurs recherchent un vrai parti pris d’auteur.e. Ta voix d’auteur.e dans la narration doit être discrète, mais ton message-clé – que tu prendras soin de distiller au travers des choix et actes de tes personnages et dans la problématique principale à résoudre – doit être puissant et respirer l’affirmation de tes valeurs.

Ingrédient #3 – Connais parfaitement ton genre

Le genre d’une histoire, c’est bien plus qu’une étiquette commerciale. Il définit toute la coloration de l’expérience émotionnelle que ton audience vient chercher, et ce n’est pas rien !

Chaque genre a ses codes, ses conventions et des scènes-clés qu’une audience reconnaît et attend. Les négliger, c’est prendre le risque de la décevoir et d’amputer ton projet d’un fort potentiel commercial.

Alors quand j’entends parfois des auteur.es aspirants dirent « Je ne lis pas dans mon genre pour ne pas être influencé.e », je saute au plafond !

C’est comme si tu voulais te lancer dans la peinture impressionniste ou dans la musique jazz, et que tu disais ne pas vouloir étudier les anciens génies de ces mouvements artistiques pour ne pas être influencé.e.

Ça n’a pas de sens. Personne ne fait rien de nouveau dans l’art. On se nourrit de l’existant et on y ajoute une touche personnelle, un nouveau regard.

Je le redis : ne cherche pas à être original.e à tout prix et à vouloir ré-inventer l’eau chaude. Sois efficace ! Aujourd’hui, ce qui rend originale une œuvre, c’est ta perspective sur une thématique, comme on l’a vu plus haut, et c’est la manière de la narrer (on voit beaucoup de narrations non linéaires ou parallèles en littérature).

Si tu aimes écrire dans un genre particulier, je ne peux que te conseiller d’étudier les œuvres qui ont cartonné ou que tu as aimées – et aussi celles qui ont fait un gros flop ou que tu n’as pas aimées – pour en ressortir les éléments communs, t’en inspirer ou au contraire les éviter.

Ingrédient #4 – Choisis pour qui tu écris

On a une devise dans l’entrepreneuriat : « Si ton offre s’adresse à tout le monde, alors elle ne s’adresse à personne. »

C’est la même chose dans l’art en général, donc en littérature aussi. Ton histoire ne s’adresse pas à tout le monde. Même si ton désir est de toucher un large public. En vérité, tu toucheras celleux qui ont besoin émotionnellement de faire l’expérience de ton histoire.

L’audience cible est aussi ce que regardera un éditeur pour évaluer le potentiel commercial de ton projet.

En littérature, le genre et la tranche d’âge sont les deux critères pour positionner ton livre sur un rayon réel ou en ligne.

Définir en amont de l’écriture pour quel public cible tu écris est gage de professionnalisme. Il démontre que tu comprends que tu entres dans une industrie, qui a ses enjeux financiers. Tu marqueras des points sur ta lettre de soumission si tu dédies un paragraphe sur cet aspect de ton projet.

Ingrédient #5 – La structure

C’est souvent cet élément qui est défaillant chez les auteurs débutants. Et pourtant, il est essentiel.

Une histoire, c’est une architecture. Sans fondations solides, ton intrigue s’écroule en milieu de roman (ce qu’on appelle dans notre jargon de consultants « un ventre mou »). Une des raisons d’ailleurs pourquoi la plupart des auteur.es qui se lancent directement sans planification et structuration se retrouvent coincé.es en milieu d’écriture avec une intrigue qui n’avance plus.

Sans structure, ton récit n’a ni colonne vertébrale, ni rythme, ni tension.

Si tu penses que c’est la prose qui crée la tension dramaturgique et la dynamique du récit, tu fais fausse route. La prose, c’est le glaçage sur ton gâteau, mais ce n’est pas le gâteau.

La structure, c’est ton moule à gâteau. Et sans moule, ton gâteau n’est qu’un amas d’ingrédients mélangés entre eux mais sans consistance. Ce que j’appelle « un tas de trucs qui se passent sur 200 pages ». Mais ça, ce n’est pas la définition d’une histoire.

La structure d’une histoire est double et les deux sont interdépendantes et se répondent :

  • L’arc de transformation de ton protagoniste principal : là d’où il part en début d’histoire, là où il arrive à la fin après avoir accompli sa quête (arc positif ou neutre) ou non (arc négatif), et toutes les étapes entre qui permettent ses transformations. On appelle cela « l’histoire intérieure ». Ici, on touche l’émotionnel et la psyché. On est dans le subtil.
  • L’intrigue : Les événements, actions, décisions et choix de tes personnages qui vont soutenir et provoquer cette transformation. C’est « l’histoire extérieure ». Ici, on touche les faits concrets et leurs conséquences dans la réalité des personnages. On est dans le visible.

C’est le cœur, le corps et le sang de toute histoire. Ainsi, je préconise toujours de partir dans l’écriture avec un minimum de clarté sur ces éléments.

Ingrédient #6 – Le traitement

Le traitement, c’est la manière dont ton sujet est développé et traité. Les éditeurs recherchent une vraie modernité de ton. Ce qui fait que ton sujet, même s’il a été déjà exploité avant, est original.

Le worldbuilding (le décor géographique, culturel, politique, etc., qu’il soit réel ou imaginé, au sein duquel ton intrigue se déroule) doit être riche, vivant, cohérent dans ses règles, sensoriel, exploité aussi comme cadre d’expérience pour tes personnages qui y rencontreront des obstacles et des ressources.

Les ruptures de ton sont aussi importantes. Mettre de l’émotion dans la comédie ; mettre de la légèreté dans le drame pour titiller ton lecteur.

Les changements de valeur au sein d’une scène sont également indispensables pour tenir en haleine ton audience. Une scène sans changement de valeur, ce n’est pas une scène.

Les changements de valeur, c’est quoi ? C’est avec quel ressenti, disposition émotionnelle et motivation ton ou tes personnages arrivent dans la scène, et ce avec quoi ils repartent à la fin. Ont-ils obtenu ce qu’ils recherchaient ? Ou les événements et actions de la scène les ont-ils contrariés ou emmenés dans une autre direction ? Comment ils se sentent par rapport à ça ? Et qu’est-ce qu’ils ont décidé de faire pour la scène suivante ?

Ingrédient #7 – Les personnages

Pour engager immédiatement une audience, tes personnages (et surtout ton protagoniste principal) doivent être crédibles, c’est-à-dire ambivalents, complexes, bourrés de défauts, faillis ou faillibles, et tu dois les challenger.

Ils doivent être authentiques, cohérents dans leurs comportements au fur et à mesure qu’ils se transforment (arc narratif), et bien caractérisés (qui ils sont, leurs valeurs, leurs aspirations, leurs blessures, leurs fausses croyances, leurs mécanismes de comportement, leurs objets du désir et leur vraie quête intérieure).

Pourquoi miser sur la bonne caractérisation de tes personnages ?

Parce qu’ils constituent des avatars pour ton audience. C’est à travers eux que ton lecteur va vivre émotionnellement leurs épopées, mais dans un cadre sécurisant et confortable pour leur propre système émotionnel.

Des personnages peu crédibles, fades, non nuancés, peu fédérateurs auront peu d’intérêt pour ton audience.

Tes personnages peuvent être bourrés de défauts et antipathiques, mais ils doivent pourvoir susciter de la sympathie ou de l’empathie pour tes lecteurs. Si ce n’est pas le cas, tes lecteurs s’en désintéresseront, tout simplement. Tu dois absolument donner une bonne raison à ton audience de se soucier du sort de tes personnages, et surtout de ton protagoniste principal, et ce, dès le début de ton roman.

Ingrédients #8 – Les dialogues

Les dialogues doivent être très caractérisants. Un écueil que je vois souvent en lecture critique est un manque de différentiation dans les dialogues au niveau des personnages, car c’est surtout sa propre voix que l’auteur.e insuffle.

Et c’est une erreur.

Chaque personnage doit avoir une « voix narrative » bien distincte, un phrasé particulier qui l’identifie immédiatement, une signature vocale. C’est ainsi dans la vraie vie, il n’y aucune raison pour laquelle cela ne doit pas en être de même dans une fiction. Des dialogues bien caractérisés renforcent la crédibilité du récit et la connexion émotionnelle avec le lecteur.

Les dialogues doivent être aussi naturels, sans ressembler à une conversation de comptoir. Les conversations de fiction doivent observer une économie de mots pour ne pas diluer la dynamique du récit.

Enfin, les dialogues servent aussi à révéler la personnalité de tes personnages. C’est aussi par leurs mots, leurs interactions avec les autres personnages et leurs postures dans l’action, qu’un lecteur comprend à qui il a affaire. Ne s’appuyer que sur le récit (monologue intérieur ou narration en point de vue limité) pour exprimer la psyché de tes personnages peut devenir très vite aliénant pour un lecteur qui peut s’y sentir enfermé.

Parce qu’il est vivant, expressif, rythmé, le dialogue participe à forger ce lien d’empathie avec le lecteur.

Attention donc aux dialogues trop appuyés, démonstratifs, artificiels. Rien n’est plus rédhibitoire pour un lecteur lorsqu’un auteur lui dit quoi ressentir, quoi penser d’une action ou d’un personnage. C’est le priver du plaisir de comprendre et de trouver un sens à ce qu’il vit au travers de l’histoire.

Vigilance aussi sur une surenchère de répliques « punchline » et un langage trop marqué temporellement (risque que le livre se démode très vite au niveau du langage et vieillisse dans le temps).

Voilà ce que je voulais te partager aujourd’hui.

Mets toutes les chances de ton côté ! Tous ces ingrédients sont passés au crible par les éditeurs, et constituent les critères d’évaluation pour donner suite au projet ou non.

Si tu veux poursuivre la conversation, viens me retrouver avec d’autres auteur.es tous les premiers vendredis du mois, sur Zoom, de 10h00 à 11h30. J’organise des Story Cafés gratuits pour échanger sur l’art d’écrire de belles histoires.

Crédit photos : Taylor Wright / Unsplash

Comment écrire une histoire solide et captivante

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Les Story Letters sont des lettres mensuelles pour te partager ce qu’il se passe dans ma vie d’entrepreneure créative et dans ce que j’expérimente avec les auteur(e)s, les artistes et les entrepreneur(e)s que je côtoie ou accompagne. C’est un mélange de coaching, de partages d’expérience et de prises de conscience, toujours avec l’intention de t’apporter une perspective nouvelle sur l’art de vivre une vie créative joyeuse et jouissive.