Erreurs auteurs débutants

Est-ce que tu as déjà essayé de partir à l’assaut d’une montagne sans préparation physique et mentale, voire même émotionnelle ?

Moi, oui ! C’était le 31 décembre 2015. Au mont Bugarach.

Le rendez-vous des Starseeds (les âmes dont la majorité des incarnations se sont faites sur d’autres systèmes d’étoiles que le Soleil) et autres amoureux des connexions avec nos amis des hauts plans de conscience.

J’étais en retraite spirituelle de 4 jours avec une médium & channel, et cela faisait partie du programme. A l’époque, j’étais en plein dans un ego spirituel qui me rendait aveugle et déconnectée de ma vie terrestre, et donc de mon corps, de ma base, de mes ressentis, de mes désirs. Et rien de tel que de grimper une montagne pour te ramener sur terre en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire !

Bugarach, tu commences à environ 600 mètres d’altitude pour culminer à 1 200 mètres et des brouettes. Donc, y’a pas de plat ! Ça monte direct ! Et il y a des paliers qui, selon notre amie-guide, correspondent aux différents chakras.

Bon, franchement, je n’ai rien ressenti de tout ça, et je m’en fichais un peu à vrai dire.

Pourquoi ? Parce que j’étais trop en train d’en chier à monter cette foutue montagne !

Je ne suis pas une grande sportive et, à l’époque, mon niveau d’endurance émotionnelle et psychologique, et de persévérance était assez bas (depuis, l’entrepreneuriat m’a bien aidée !), et je me rappelle même avoir fait intérieurement une crise d’ado rebelle quand le groupe a voulu encore pousser plus loin pour atteindre le sommet, alors qu’il était déjà 14h30 et qu’on n’avait toujours pas déjeuné ! (déconnectée de sa base, mais pas de son ventre !!)

Résultat ? J’ai passé une journée à batailler avec mon corps, mon mental, ma sortie de zone de confort, mes chaos émotionnels intérieurs, et je n’ai nullement profité de la magie de cette montagne et de la belle harmonie du groupe.

Pourquoi je te raconte tout ça ?

Parce que partir à l’assaut de l’écriture d’une histoire sans poser les fondations d’une histoire en amont, c’est un peu comme partir à l’assaut du mont Bugarach sans y être préparé !

Oh, bien sûr, tu ne seras jamais à court d’idées ! Et c’est ce que j’admire chez les auteurs : leur imagination fertile ! Cette capacité qu’ils ont à créer des mondes à partir de rien, à dessiner des personnages et des intrigues, et à se laisser imprégnés par tous ces univers pendant de longs jours, et parfois aussi de longues nuits ! Cette abondance fertile est à honorer pleinement parce que c’est un don merveilleux. C’est un peu comme « jouer à Dieu », non ? Créer à partir du vide…

Sauf qu’il y a un hic.

Démarrer l’écriture d’une histoire tout de suite après avoir eu la première étincelle sans travailler en amont un minimum les fondamentaux d’une histoire est la raison pour laquelle :

-97 % des auteurs abandonnent un projet en cours de route, soit parce que la tâche s’est révélée plus ardue qu’ils ne l’avaient anticipée, soit parce qu’ils sont coincés au milieu de l’acte 2, si ce n’est plus tôt !

-La majorité des auteurs se retrouvent avec un premier draft qui comporte tellement de trous narratifs qu’un gruyère en ferait des complexes ! Ils bataillent ensuite en révision pour essayer de faire tenir debout une histoire qui ne fonctionne tout simplement pas.

-96 % des manuscrits/scénarios peinent à convaincre les acteurs du marché de l’édition ou du cinéma, et sont rejetés en première lecture parce qu’ils ont trop de problèmes structurels ou narratifs (sans compter que ce n’est pas le boulot d’un éditeur/producteur de sauver un manuscrit, c’est le tien !).

-Pour les romanciers, la moyenne des ventes de livres dans l’autoédition se situe autour des 150 exemplaires (dont les 2/3 seront achetés par l’entourage proche). Un chiffre assez décevant, somme toute, au regard du temps et de l’énergie investis dans un projet d’écriture (même si, évidemment, la satisfaction d’être allé au bout de son rêve est à savourer pleinement).

L’erreur #1 que font donc la majorité des auteurs est : la précipitation !

S’il y avait bien une chose avec laquelle je voudrais que tu repartes à la fin de la lecture de cet article, c’est la nécessité de prendre le temps au début de ton projet pour te poser les bonnes questions en amont de l’écriture.

Pourquoi ?

Parce que tu imagines le sentiment qu’éprouvent les auteurs qui font partie des statistiques ci-dessus : déception, frustration, découragement.

Peut-être as-tu, toi aussi, vécu une situation similaire ? Si c’est le cas, rappelle-toi de ce que tu as ressenti.

J’ai cette expérience également où j’ai abandonné un projet parce que je n’avais pas posé mes intentions sur ce que j’avais vraiment envie de créer comme expérience émotionnelle pour mon audience (c’était un projet de webdocumentaire). Et je me rappelle très bien ce petit goût amer, ce sentiment d’échec et de dévalorisation.

Et ma conviction est qu’il n’est pas utile de passer au travers de ces espaces pas très sympas à vivre. Reconnaître qu’on n’était tout simplement pas assez préparé pour vivre ce voyage d’écriture dans une énergie de joie et d’abondance de créativité est déjà un premier pas pour s’organiser différemment. L’idée est de prendre son temps au début pour éviter d’en perdre plus tard à gérer des problèmes structurels et narratifs colossaux.

Alors, quelle est la solution ?

Plonger au cœur de ton histoire pour en révéler l’essence première et bâtir une fondation solide pour qu’elle puisse tenir en haleine ton audience de la première page/minute jusqu’à la dernière.

En tant que Storyteller, ta priorité #1 est l’engagement émotionnel de ton audience. Un lecteur/spectateur qui ne ressent rien, c’est un lecteur qui referme ton livre rapidement ou un spectateur qui quitte la salle de cinéma. Et ce pouvoir de susciter l’émotion et de transformer ton audience grâce à ça, tu le détiens !

Mais pour l’activer, il est indispensable de poser les fondamentaux de ton histoire. Il est difficile de commencer l’écriture sans savoir d’où ton protagoniste part au début de ton histoire – d’un point de vue émotionnel et psychologique, ni sans savoir où tu veux l’emmener.

Il n’est pas forcément obligatoire d’avoir une clarté exhaustive sur les différentes étapes du parcours, et je peux comprendre que certains auteurs désirent s’octroyer des moments de surprises et de révélations de dernières minutes.

Toutefois, pour construire un arc, il est crucial de connaître ton point d’origine, ta destination, et les quelques points d’étapes qui jalonnent son chemin de transformation.

Un voyage sans destination, ce n’est pas un voyage, c’est de l’errance !

Définir un point d’origine et le cap vers ta destination, c’est ce qu’on fait ensemble dans mon programme « Raconte-moi une histoire ».

Composé d’une formation en ligne, qui comprend enseignements en écriture de fiction, des exercices d’écriture et des fiches-outils pour te constituer une bible projet, et d’un coaching littéraire de 6 mois avec des rencontres individuelles, du feedback écrit sur les exercices et du soutien par email entre les rencontres, tu repars avec une vision originale et unique de ton projet, une galerie de personnages authentiques, complexes et attachants, ainsi qu’une feuille de route qui contient les 11 scènes-clés majeures de ton histoire.

Tu sortiras de cet accompagnement avec une immense clarté sur l’histoire que tu as vraiment envie de raconter et avec un appétit décuplé pour te mettre à l’écriture.

Mont Bugarach, Aude

Bon, finalement, ça valait le coup de la monter, cette fichue montagne !!

Crédits photos : Carole Bouché ; Ashlyn Ciara/ Unsplash.

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