Comment s'organiser pour être productif

Les conseils, astuces et techniques pour rester productif.ve sont nombreux, mais ils ne servent pas à grand-chose s’il s’agit d’aller à l’encontre de ton fonctionnement naturel.

Pourquoi ?

Parce que justement si tu vas à l’encontre de ton unicité, eh bien, ces conseils deviennent contre-productifs ! Ce qui n’est pas le but de la manœuvre !!

Avant de plonger dans le sujet, définissons ce qu’est la productivité :

  • Organisation personnelle
  • Gestion de son temps
  • Stratégie et planification
  • Efficacité
  • Concrétiser ses projets
  • Discipline
  • Régularité
  • Focus
  • Définir des objectifs & tracker ses avancées
  • Priorisation des tâches
  • Environnement de travail optimal

Evidemment, c’est la partie la moins glamour d’un projet, qu’il soit artistique ou entrepreneurial.

C’est aussi la partie visible de l’iceberg. Se pencher sur sa productivité comporte aussi une partie invisible :

  • Acceptation de soi
  • Expérimenter son fonctionnement naturel
  • Être à l’écoute et gérer son énergie
  • Observer les conditions et les environnements propices à la créativité et l’inspiration.
  • Se déconditionner de ce que le monde entend par « être productif ».
  • Accepter que la compréhension du « comment être productif » puisse être différent pour chacun.
  • Apprendre à s’appuyer sur ses talents uniques et dons naturels.

La première question à te poser est : quelle est ta relation aux deadlines ?

Replonge-toi dans tes années collège ou lycée : est-ce que tu attendais la dernière minute pour rédiger un devoir long (type dissertation, compte-rendu de lecture, etc.) ou méthodiquement, tu avais bâti un plan d’actions ?

Est-ce que le cadre d’un devoir sur table mettait ton cerveau en ébullition et en hyper productivité, ou au contraire cela avait tendance à t’angoisser et te déstabiliser ?

Dit autrement, est-ce que
1) tu es plus productif.ve lorsque tu as une deadline précise et plutôt courte, ou
2) aimes-tu davantage avoir le temps pour concrétiser un projet et avoir une deadline plutôt longue ?

Si la réponse 1) est plus correcte pour toi, structurer tes journées et te mettre des échéances est énergétiquement plus à ton service que rester dans le flow.

Si la réponse 2) est plus correcte pour toi, rester au contact de tes ressentis dans l’instant présent et avoir l’esprit ouvert sur ce que tu captes du monde extérieur est énergétiquement plus à ton service que de mettre en place des systèmes strictes et rigides.

Voyons ces deux stratégies plus en détail. Et je te propose une troisième si tu sens que tu es un.e flexi-structuré.e ! Ce qui est mon cas !

Stratégie #1. Être dans le flow

Naviguer dans ta vie ou dans tes projets en étant « dans le flow » signifie que tu aimes lâcher le cadre, l’horloge, les systèmes, les process.

Comme tu as été éduquée dans un système cadré et que tu évolues peut-être au sein d’une entreprise (ce qui est aussi un cadre), tu sais fonctionner dans cet environnement, mais énergétiquement, ça te coûte.

Si tu es entrepreneur.e, ou débute dans l’entrepreneuriat, il est fort à parier que tu t’es lancé.e dans cette aventure, justement parce que tu aimais cette flexibilité et cette liberté.

Je te comprends, c’est ce que j’ai ressenti aussi. Mais il y a un piège.

Être dans le flow, ça ne veut pas dire y aller à l’aveugle, la fleur à la bouche, et espérer qu’il se passe quelque chose.

Sauf si tu es financièrement sécure et que tu as un paquet de temps devant toi pour développer tes projets ou ton business.

Le risque d’adopter la stratégie de « tout dans le flow » est une dispersion d’énergie où tes journées sont passées sur des tâches ou occupations qui n’ont pas de valeur ajoutée (que celles qui passent des heures sur Canva à bichonner le graphisme de leurs publications Facebook ou Instagram lèvent la main ?!)

Si tu restes dans cette stratégie, qui est parfois celle des artistes, alors, il faut être okay avec le fait de ne pas accomplir tout ce que tu envisageais, ou que ça n’avance pas au rythme que tu le souhaites. Et par conséquent, que la bonne concrétisation de tes objectifs se fait au grès de tes désirs du moment (ce qui peut changer d’un jour à l’autre) ou des demandes de l’environnement extérieur.

Être dans le flow, c’est un vrai choix conscient et un état d’être, en fait.

C’est se mettre à la disposition complète et totale de la magie de la vie pour voir les pépites qui peuvent en émerger. Puis se saisir de ce que l’on capte pour le transformer en énergie créatrice.

Sauf que la plupart des personnes embrassent cette stratégie de manière inconsciente ou dans un élan de fuite du réel, et se retrouvent davantage à regarder la télé, écouter la musique, réorganiser leur dressing, etc. Le ressenti est souvent du vide ou de l’errance. Et ça, c’est contreproductif.

Regardons maintenant la stratégie exactement opposée.

Stratégie #2. La journée performante et structurée

L’image d’Epinal du parfait entrepreneur.e / auteur.e que l’on a souvent, c’est la personne qui se lève à 5 heures du matin fraÎche comme un gardon et qui a mis en place toute une série de rituels matinaux pour prouver en monde « qu’elle a la gniac », qu’elle est pro, qu’elle en veut !

C’est vrai que la plupart des personnes dites successful ont un agenda chronométré à la minute près. Leur temps est compté, donc tout est calibré, optimisé.

Avec cette stratégie, tes tâches et tes engagements sont planifiés, et tu attends de toi de te présenter à ces engagements avec un focus optimisé. Tes attentes vis-à-vis de ces engagements sont hauts. Pas question de flancher.

Pour embrasser cette stratégie, faut un mental en bêton et avoir un système de soins personnels à la hauteur de l’énergie que tu as besoin de déployer pour honorer chacun des engagements que tu t’es fixé.

C’est une façon de vivre très challengeante, qui n’est pas faite pour tout le monde.

Et si ce n’est pas ta définition du succès et d’une vie kiffante, il y a peut-être un autre chemin à explorer.

Et si la réponse était – comme souvent – dans le juste milieu ?

Stratégie #3. La fluidité canalisée

J’ai essayé les deux stratégies vues précédemment, et aucune n’a fonctionné pour moi.

Le mode freestyle n’est définitivement pas pour moi. Mon énergie n’a aucun point de focalisation, et je me suis retrouvée à faire des choses qui n’apportaient rien à mon business. Pire, cela me vidait de mon énergie.

J’ai changé de stratégie lorsque j’ai découvert que j’étais Projector en Human Design. L’énergie du Projector est pénétrante et focus ; elle a donc besoin d’être dirigée.

Alors, j’ai testé la journée performante et structurée, avec un agenda et une répartition des tâches ultra calibrés.

Résultat ? Burn-out !

Pourquoi ?

Pour deux raisons principales qui sont en fait liées :

  1. Je n’avais pas mis en place un système de soins personnels pour m’occuper de mon énergie (plages de repos, massages, soins, ostéo, etc.).
  2. Il n’y avait plus de place pour le fun et la créativité dans cette stratégie.

Or, en tant que Projector, j’ai besoin de prendre très soin de mon énergie, parce que je n’en ai pas à revendre, et j’ai surtout besoin que les choses se fassent dans le jeu et le fun.

Donc mauvaise stratégie.

Depuis quelque temps, je teste la fluidité canalisée.

Mon agenda s’appuie davantage sur une thématique journalière. Par exemple, le lundi, c’est la journée pour la stratégie et la planification long terme, pour réfléchir à ma mission, mon message, là où je veux emmener mon business.

Mais au sein de cette journée, je laisse la fluidité et la réceptivité s’inviter.

J’ai allégé ma to do-list, et ne me mets pas plus de 1 à 2 objectifs par jour.

Quelle différence avec la journée structurée ?

Ce qu’il est important de comprendre dans cette stratégie, c’est que tu prends un engagement avec toi-même, tu honores cet engagement de ta présence, mais tu lâches le résultat et les attentes.

L’idée est de prendre plaisir dans chacun de ces engagements, sans chercher à « performer » ou atteindre des objectifs précis.

Par exemple, tous les matins de 9h00 à 10h00, j’ai posé un créneau pour écrire. J’honore ce rendez-vous avec moi-même (cerveau gauche), et je laisse la place à ce qui est vibrant ou important dans l’instant présent (cerveau droit).

Si j’ai un article ou une newsletter à écrire, je démarre l’écriture. Si je n’ai pas fini au bout d’une heure, ce n’est pas grave. Je reprends le lendemain.

Parce qu’en vérité, il n’y a pas d’urgence !

Si je devais résumer cette stratégie, c’est :

-honorer ce qui est important pour soi, pour ses projets, pour son business,
-favoriser un état de présence et une réceptivité ouverte à l’inspiration,
-lâcher les attentes et surtout l’auto-critique et/ou le perfectionnisme.

Quels résultats j’obtiens ?
La fluidité canalisée est une pratique qui s’expérimente, se peaufine et s’ajuste.

Mais ce que j’ai remarqué est que, quand j’honore mes engagements au quotidien, mon mental est largement plus coopératif. Mes compétences se développent et je fais les choses au fur et à mesure avec plus de fluidité et donc de productivité.

J’arrive à accomplir plus de choses sans m’éparpiller ni m’épuiser inutilement.

Et ça, c’est plutôt un game-changer ! 

Parce que pour aller au bout de ses projets sans perdre l’élan, le désir, et la motivation, il vaut mieux avoir un mindset de marathonien que d’un sprinter !

Teste, explore, ajuste !

Trouver la bonne organisation et le bon process pour maintenir une productivité et une créativité constantes prend du temps.

La clé ? Plus on se connaît, plus on s’honore, et plus les choses se font dans la douceur et la fluidité.

Ainsi, n’hésite pas à tester des choses sur un jour, une semaine ou sur un mois. Ce qui est important d’observer, c’est surtout comment tu t’es senti.e énergétiquement, émotionnellement et intellectuellement dans ce process.

Ce qui est une donnée bien plus précieuse que d’analyser ta productivité en termes de données chiffrées ou si le résultat est bon ou mauvais.

Les questions à chaque fin de trimestre (je fonctionne par plan saison) que je me pose sont :

  • Quel progrès ai-je fait par rapport à mes objectifs initiaux ?
  • Qu’est-ce que je n’ai pas terminé et pourquoi ?
  • Qu’est-ce qui m’a fait sentir bien au cours de ces trois derniers mois ?
  • Qu’est-ce qui m’a dérangé ?
  • Où est-ce que j’ai pris le plus et le moins de plaisir ?
  • Où est-ce que je me suis trop chargée ? Et comment je peux m’alléger au trimestre prochain ?

 

Que tu sois flexible ou structurée – ou à mi-chemin entre les deux – , mon invitation pour toi aujourd’hui est de développer une relation plus saine, douce et joyeuse aux deadlines.

Mettre en place une pratique de se poser des objectifs et des échéances raisonnablement atteignables et qui s’harmonisent aussi avec le reste de notre vie, tout en naviguant joyeusement dans leur concrétisation avec l’envie et la curiosité d’en apprendre un peu plus soi et d’apprécier le processus à chaque instant.

Bonne route !

Crédit photo : Marissa Grootes / Unsplash.

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Les Story Letters sont des lettres mensuelles pour te partager ce qu’il se passe dans ma vie d’entrepreneure créative et dans ce que j’expérimente avec les auteur(e)s, les artistes et les entrepreneur(e)s que je côtoie ou accompagne. C’est un mélange de coaching, de partages d’expérience et de prises de conscience, toujours avec l’intention de t’apporter une perspective nouvelle sur l’art de vivre une vie créative joyeuse et jouissive.