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Plus j’y pense, et plus je me dis que “le nerf de la guerre” dans l’entrepreneuriat, c’est vraiment l’organisation dans le travail.

Les conseils sur comment bien s’organiser au quotidien sont nombreux, mais ils ne te serviront pas à grand-chose si tu dois aller à l’encontre de ton fonctionnement naturel. Pire, ils peuvent être carrément contre-productifs, et t’amener frustration et découragement !

Parce que tu peux avoir la meilleure stratégie business et marketing du monde, mais si l’application concrète de cette stratégie à travers des actions ciblées n’est pas correcte pour ton énergie, difficile d’avoir des résultats tangibles et de maintenir une motivation sur le long terme.

Dans cet article, je te propose d’explorer 3 stratégies actionnables si tu as des difficultés à mettre en place une organisation qui te va bien, ainsi que les avantages et inconvénients de chacune.

1. Bien te connaître avant toute chose

J’ai l’air d’enfoncer une porte ouverte avec ce conseil, mais combien d’entrepreneuses et de créatives s’alignent parfois à l’organisation de leurs mentors ou des personnes qu’elles admirent et qui ont réussi, en pensant que, par extension, cela allait réussir pour elles aussi !

Pour trouver la bonne organisation au quotidien, personne ne peut faire l’économie d’aller à la rencontre de soi, de son rythme et fonctionnement naturel, et de s’écouter profondément, surtout au niveau des messages de son corps.

Car, à quoi bon avoir choisi l’entrepreneuriat et la liberté de mener ses journées comme on veut, si on adopte une organisation qui est contre-nature !

Lorsque je me suis penchée sur cette question d’organisation, je me suis interrogée sur ma relation aux échéances. Et je me suis replongée dans mes années collège et lycée.

Et je t’invite à faire la même chose.

Question 1) Comment vivais-tu les devoirs longs (type dissertation, compte-rendu de lecture, etc.) à la maison pendant les vacances ?

a) Tu t’y prenais à l’avance et bâtissais un plan d’actions précis pour être tranquille et donner de la place à d’autres activités.

b) Tu attendais la dernière minute pour le rédiger parce que tu trouvais toujours des choses plus fun à faire.

Question 2) Comment vivais-tu les devoirs sur table (les contrôles en cours) ?

a) Plutôt mal, cela avait tendance à t’angoisser et à te déstabiliser.

b) Plutôt bien, ton cerveau était en ébullition et carburait à fond.

Si tu as répondu plutôt a) aux deux questions, tu es davantage productive et efficace quand tu as du temps devant toi pour déployer tes projets, que tu n’es pas sous pression et avec une échéance plutôt longue. La stratégie de structurer tes journées serait plus à ton service que d’aborder tes journées en mode intuitif, ce qui te rendrait éparpillée.

Si tu as répondu plutôt b) aux deux questions, tu es davantage productive et efficace quand tu as une échéance précise et courte, que tu restes au contact de tes ressentis, tes élans dans l’instant présent. La stratégie de suivre ton flow serait plus à ton service que de mettre en place des systèmes d’organisation strictes et rigides.

Evidemment, avec les années et l’expérience professionnelle, tu as peut-être été amenée à modifier cette relation aux échéances. Mais, depuis que tu as décidé d’être à ton compte, je t’invite à explorer de nouveau la question pour voir si le naturel n’est pas revenu au galop !

2. Clarifier ta propre définition de la productivité

Tout comme moi, tu as été éduquée dans la culture de la souffrance : pour réussir, il faut travailler dur ! Sinon, la réussite n’a ni mérite ni valeur. 

C’est un adage d’un autre temps. Dépassé. Archaïque.

La voie de la fluidité et de la facilité n’est pas quelque chose qu’on nous enseigne. Cela le devrait quand on voit les statistiques du mal-être au travail et le nombre de personnes qui finissent en burn-out !

Cette question de productivité m’a évidemment interpellée lorsque j’ai sauté le pas vers l’entrepreneuriat. 

L’absence de cadre horaires, de management, de soutien d’une équipe m’a invitée à repenser ce qui est efficace et productif pour moi.

Et c’est bien là tout l’enjeu : la définition de la productivité est différente pour chacune car nous n’avons pas toutes les mêmes talents naturels, compétences et facilités.

Voici les trois aspects que j’ai regardé chez moi et que je t’invite à observer aussi : 

#1. A quel moment de la journée suis-je en énergie haute ?

Personnellement, je suis un Diesel ! Je suis très lente au démarrage et j’ai besoin d’un espace-temps large le matin pour me mettre en route. Je suis plutôt opérationnelle à partir de 11 h, et jusqu’à 17 h environ. 

=> Et toi, à quel moment de la journée es-tu la plus active ?

#2. Qu’est-ce qui me redonne du peps quand je suis en énergie basse ?

Si j’ai passé une mauvaise nuit ou qu’un événement a sollicité mon énergie, il y a seulement 2 choses qui me reboostent : la créativité et la musique.

=> Et toi, quelles sont les activités qui te redonnent la pêche ? Est-ce que tu t’y adonnes en cas de coup de mou dans ta journée ?

#3. Qu’est-ce qui me fait dire que la journée a été productive ?

Pour répondre à cette question, j’en fait appel à mon profil en Human Design. Si tu ne connais pas ton profil, tu peux le faire ici : https://www.jovianarchive.com/Get_Your_Chart

Ma signature énergétique en tant que Projector est la réussite. Le signe de mon désalignement est l’amertume. 

Si tu es Manifestor, l’émotion qui caractérise ta signature énergétique est la paix. Le signe d’un désalignement est la colère.

Si tu es Generator/Manifesting Generator, c’est la satisfaction qui te caractérise, et la frustration qui s’exprime lorsque tu es désalignée.

Enfin, si tu es Reflector, ta signature énergétique est l’émerveillement/la surprise et le désalignement est la déception/la désillusion.

Ainsi, dans ton journal de bord, inscris ce qui te ferait dire que tu as passé une bonne journée :

  • Je me sens en paix à la fin de la journée quand… (Manifestor)
  • Je me sens satisfaite à la fin de la journée quand… (Generator/Manifesting Generator)
  • Je me sens en réussite à la fin de la journée quand… (Projector)
  • Je me sens en émerveillement à la fin de la journée quand… (Reflector)

Pour moi, cela s’articule autour :
-D’une bonne nuit de sommeil et/ou la sensation d’être reposée au réveil.
-D’avoir pris le temps de me faire un jus de fruits/légumes avec mon extracteur de jus.
-D’avoir pris le temps d’écrire dans mon journal de bord.
-D’avoir rempli mes tâches du jour.
-D’avoir avancé concrètement dans mes projets du trimestre.
-D’avoir alloué du temps à une activité physique (marche ou piscine) et à la créativité.
-D’avoir pris le temps de me faire à manger.

Avec cette liste, tu vois que ma définition de la productivité tourne autour du bien-être et de l’équilibre entre repos, travail, activité physique et créative.

=> Et toi, ça serait quoi ta définition de la productivité ?

3. Stratégie #1. Bien structurer tes journées

L’image d’Epinal de la parfaite entrepreneuse que l’on a souvent, c’est la personne qui se lève à 5 heures du matin fraîche comme un gardon et qui a mis en place toute une série de rituels matinaux pour prouver en monde « qu’elle a la niaque», qu’elle est pro, qu’elle en veut ! Méditation, salle de sport, petit déjeuner pro-vitaminé !

C’est vrai que la plupart des personnes dites “successful” ont un agenda chronométré à la minute près. Leur temps est compté, donc tout est calibré, optimisé.

Avec cette stratégie, tes tâches et tes engagements sont planifiés, et tu attends de toi de te présenter à ces engagements avec un focus optimisé. Tes attentes vis-à-vis de ces engagements sont hauts. Pas question de flancher.

Pour embrasser cette stratégie, il faut un mental en béton et avoir un système de soins personnels à la hauteur de l’énergie que tu as besoin de déployer pour honorer chacun des engagements que tu t’es fixé.

C’est une façon de vivre très challengeante, qui n’est pas faite pour tout le monde. Si ce n’est pas ton fonctionnement naturel, structurer ta journée à l’heure près créera une forme de rigidité à l’intérieur de toi, et tu éprouveras de la résistance à mettre en place ces habitudes. 

Et si ce n’est pas ta définition de la productivité et d’une vie kiffante, il y a peut-être un autre chemin à explorer.

Regardons maintenant la stratégie opposée.

4. Stratégie #2. Suivre ton flow

Naviguer dans ta vie ou dans tes projets en étant « dans le flow » signifie que tu aimes lâcher le cadre, l’horloge, les systèmes, les process. A la place, tu suis tes élans, tes envies, tes désirs dans l’instant présent. 

Comme tu as été éduquée dans un système cadré qu’est l’école, et que tu as peut-être évoluée dans un premier temps au sein d’une entreprise (ce qui est aussi un cadre), tu sais fonctionner dans cet environnement, mais énergétiquement, ça te coûte.

Il est fort à parier que tu t’es lancée dans l’aventure de l’entrepreneuriat justement parce que tu aimes cette promesse de flexibilité et de liberté.

Je te comprends, c’est ce que j’ai ressenti aussi. Mais il y a un piège.

Suivre ton flow, ça ne veut pas dire y aller à l’aveugle, la fleur à la bouche, et espérer qu’il se passe quelque chose.

A moins que tu sois financièrement sécure et que tu aies du temps devant toi pour développer tes projets et ton business.

Le risque d’adopter la stratégie de « tout dans le flow » est une dispersion d’énergie où tes journées sont passées sur des tâches ou occupations qui n’ont pas de valeur ajoutée (que celles qui passent des heures sur Canva à bichonner le graphisme de leurs publications Instagram ou leur logo lèvent la main ?!).

Si tu restes dans cette stratégie, qui est souvent celle qu’on attribue aux artistes, alors, il faut être okay avec le fait de ne pas accomplir tout ce que tu envisageais, ou que ça n’avance pas au rythme que tu le souhaites. 

Dit autrement, la bonne concrétisation de tes objectifs se fait au gré de tes désirs du moment (ce qui peut changer d’un jour à l’autre) ou des demandes de l’environnement extérieur.

Être dans le flow, c’est un vrai choix conscient et un état d’être, en fait.

C’est se mettre à la disposition complète et totale de la magie de la vie pour voir les pépites qui peuvent en émerger. Puis se saisir de ce que l’on capte pour le transformer en énergie créatrice, puis en actions concrètes.

Sauf que la plupart des personnes embrassent cette stratégie de manière inconsciente ou dans un élan de fuite du réel, et se retrouvent davantage à regarder Netflix, écouter la musique, réorganiser leur dressing, etc. Le ressenti est souvent du vide ou de l’errance. Et ça, c’est contre-productif.

Est-ce que la bonne organisation ne serait-elle pas dans le juste milieu de ces deux extrêmes ? 

5. Stratégie #3. Adopter une fluidité canalisée

J’ai essayé les deux stratégies vues précédemment, et aucune n’a fonctionné pour moi.

Lorsque je me suis mise à mon compte, j’ai savouré cette liberté ! Je n’avais aucune organisation et en dehors des missions de freelance, c’était l’état de flow complet.

Le mode freestyle n’est définitivement pas pour moi. Mon énergie n’a aucun point de focalisation, et je me suis retrouvée à faire des choses qui n’apportaient rien à mon business. Pire, cela me vidait de mon énergie.

J’ai changé de stratégie lorsque j’ai découvert que j’étais Projector en Human Design. L’énergie du Projector est pénétrante et focus ; elle a donc besoin d’être dirigée.

Du coup, j’ai testé la journée performante et structurée, avec un agenda et une répartition des tâches ultra calibrés.

Résultat ? Epuisement ! Pourquoi ?

Pour deux raisons principales qui sont en fait liées :

  1. Je n’avais pas mis en place un système de soins personnels pour m’occuper de mon énergie (plages de repos, massages, soins, ostéo, etc.).
  2. Il n’y avait plus de place pour le fun et la créativité dans cette stratégie.

Or, en tant que Projector, j’ai besoin de prendre très soin de mon énergie, parce que je n’en ai pas à revendre, et j’ai surtout besoin que les choses se fassent dans le jeu et le fun.

Donc mauvaise stratégie.

J’ai trouvé mon rythme de croisière avec un mix des deux stratégies, car je suis en réalité une structurée intuitive ou Flexi-structurée.

Je l’ai appelée la Fluidité canalisée !

J’ai mis en place deux choses qui fonctionnent pour moi : 

un plan saisonnier avec 3 projets maximum et leurs plan d’actions. Ce plan saisonnier comprend mes points de focus pour mes 4 casquettes : Cheffe d’entreprise, coach, communicante, artiste. Il contient aussi mes engagements en termes de self-care et bien-être.

une organisation hebdomadaire avec des journées thématiques avec une variation d’intensité. Par exemple, le lundi, c’est la journée slow avec de la stratégie, de la planification de projets & contenus, et des tâches administratives qui ne nécessitent pas un fort focus de ma part. Les mardis, mercredi et jeudis sont plus intenses et dédiés à des actions qui me demandent de la concentration et une énergie haute : coaching clientes, ateliers de groupe, création de contenus et mes projets en cours de la saison. Le vendredi, la pression retombe doucement avec des actions qui me nourrissent profondément : art, formations en ligne, lectures pour monter en compétences. Je termine par le bilan de la semaine, la comptabilité et rangement de bureau pour avoir l’esprit tranquille le week-end. 

Au sein de cette organisation, je reste toujours à l’écoute de mon énergie, mon corps, mes envies. C’est la partie flexible, intuitive de mon organisation. Ma boussole, c’est le plan saisonnier. C’est lui qui me donne la liste des choses à faire. Mais je fais de la place à ce qui est vivant dans l’instant présent et décide chaque matin à quoi je vais allouer du temps dans cette to-do-list saisonnière.

Quelle différence avec la journée totalement structurée ou intuitive ?

Ce qu’il est important de comprendre dans cette stratégie, c’est que tu prends un engagement avec toi-même, tu honores cet engagement de ta présence, mais tu lâches le résultat et les attentes.

L’idée est de prendre plaisir dans chacun de ces engagements, sans chercher à « performer » ou atteindre des objectifs précis.

Par exemple, tous les matins de 9h30 à 10h00, j’ai posé un créneau pour écrire dans mon journal de bord. 

J’honore ce rendez-vous avec moi-même (structure), et je laisse la place à ce qui est vibrant ou important dans l’instant présent (flow).

Si je devais résumer cette stratégie, c’est :

-honorer ce qui est important pour soi, pour ses projets, pour son business,
-favoriser un état de présence et une réceptivité ouverte à l’inspiration,
-lâcher les attentes et surtout l’auto-critique et/ou le perfectionnisme.

Quels résultats j’obtiens ?

La fluidité canalisée est une pratique qui s’expérimente, se peaufine et s’ajuste.

Mais ce que j’ai remarqué est que, quand j’honore mes engagements au quotidien, mon mental est largement plus coopératif. Mes compétences se développent et je fais les choses au fur et à mesure avec plus de fluidité et donc de productivité.

J’arrive à accomplir plus de choses sans m’éparpiller, ni m’épuiser inutilement.

Et ça, c’est plutôt un game-changer ! 

Parce que pour aller au bout de ses projets sans perdre l’élan, le désir, et la motivation, il vaut mieux avoir l’état d’esprit d’une marathonienne que celui d’une sprinteuse !

6. Le plus important : tester, explorer, ajuster !

Trouver la bonne organisation et le bon process pour maintenir une productivité et une créativité constantes prend du temps.

Alors teste, explore, ajuste !

La clé ? Plus tu te connais, plus tu n’honores, et plus les choses se font dans la douceur et la fluidité.

Ainsi, n’hésite pas à tester des choses sur un jour, une semaine ou sur un mois. Ce qui est important d’observer, c’est surtout comment tu t’es sentie énergétiquement, émotionnellement et intellectuellement dans ce process.

Ce qui est une donnée bien plus précieuse que d’analyser ta productivité en termes de données chiffrées ou si le résultat est bon ou mauvais.

Les questions que je me pose à chaque fin de trimestre dans mon bilan de la saison sont :

  • Quel progrès ai-je fait par rapport à mes objectifs initiaux de la saison ?
  • Qu’est-ce que je n’ai pas terminé et pourquoi ?
  • Qu’est-ce qui m’a fait sentir bien au cours de ces trois derniers mois ?
  • Qu’est-ce qui m’a dérangé ou frustrée ?
  • Où est-ce que j’ai pris le plus et le moins de plaisir ?
  • Où est-ce que je me suis trop chargée ? Et comment je peux m’alléger au trimestre prochain ?

Que tu sois flexible ou structurée – ou à mi-chemin entre les deux – , mon invitation pour toi aujourd’hui est de développer une relation plus saine, douce et joyeuse aux deadlines.

Mets en place une pratique de te poser des objectifs et des échéances raisonnablement atteignables et qui s’harmonisent aussi avec le reste de ta vie. Tout en naviguant joyeusement dans leur concrétisation avec l’envie et la curiosité d’en apprendre un peu plus toi et d’apprécier le processus à chaque instant.

Et si tu as besoin d’être accompagnée pour retrouver l’harmonie dans ta vie professionnelle, découvre mon mentorat privé Zen et Epanouie dans mon business, ou la retraite Entreprendre au rythme des saisons, spécifiquement dédié à l’équilibre vie pro vie perso et l’organisation au quotidien.

Structurer ses journées ou rester dans le flow

Crédit photo : Marissa Grootes / Unsplash.