Tu t’es lancée dans un projet ambitieux et de longue haleine et tu sens la démotivation pointer son nez ? Tu es tellement la tête dans le guidon et tu travailles depuis tellement longtemps sur ce projet que tu t’en retrouves un peu déconnectée, avec le spectre d’un désinvestissement, voire d’abandon ?
C’est un passage à vide, un creux de la vague, et c’est normal de vivre cette perte de motivation.
Pourquoi ? Parce que la volonté n’est pas un muscle fiable ! Au contraire, on a tendance à être motivée en début de projet parce qu’on est prise par l’excitation de la nouveauté !
Il apparaît également que la motivation est plus haute en début de journée, et qu’elle diminue au fil de la journée.
Donc, pas d’inquiétude outre mesure !
La perte de motivation est un de ces états intérieurs chaotiques qui font partie du chemin de la Créative, quel que soit son art. L’investissement intellectuel, émotionnel et psychique est tel que tu ne peux pas garder tout le temps ta cape de Captain Marvel !
En revanche, y rester coincée n’est pas une fatalité, car il y a toujours quelque chose à regarder en dessous.
Comme cela m’est arrivé de vivre ces états intérieurs, je te partage ma prise de recul en espérant qu’elle puisse t’aider à regarder ce qu’il se joue pour toi si tu vis l’un de ces moments délicats.
1. Piste #1. Tu es physiquement et/ou intellectuellement épuisée.
Quand tu as le jus dans les chaussettes, difficile d’être inspirée, créative et de fournir un grand effort intellectuel. Si tu sens que tu as beaucoup travaillé ces derniers temps sans prendre le repos nécessaire, au bon d’un moment, forcément, tu vas le payer. Analyse les derniers mois au niveau de ta situation personnelle ou professionnelle si un événement t’a mis à plat.
Ici, pas d’astuce miracle : repose-toi, reprend des forces, pratique des activités propices à la détente et à la récupération d’énergie. Définis la temporalité de ce moment de pause pour éviter de mettre une trop grande distance entre toi et ton projet.
Regarde également le rapport entre le temps passé sur un écran, et le temps passé en nature. Nous ne sommes pas des machines, mais des êtres sensibles et émotionnels. Lorsqu’on est solo-entrepreneure, toutes les tâches nous incombent, et cela peut être très souvent très submergeant. Notre conditionnement personnel ou professionnel peut nous amener à tirer sur la corde pour se donner l’illusion d’être ultra productives.
Mauvaise pioche !
Une de tes priorités en tant qu’artiste ou entrepreneuse est de mettre en place une organisation qui te permet de travailler moins et mieux, et de prendre soin de ton énergie au quotidien, car c’est ta ressource la plus précieuse.
Regarde ton organisation et comptabilise le temps que tu passes sur ton écran. Il y a peut-être un réajustement à effectuer.
2. Piste #2. Tu es tombée dans l’hyper-analyse.
Planifier son projet en amont me semble essentiel. Avoir une vision et une feuille de route évite l’éparpillement et de se retrouver avec un projet non aligné à l’idée initiale.
Mon fonctionnement naturel est l’introversion et la structuration. J’ai besoin de temps de contemplation pour (ress)sentir les choses, mais j’ai ensuite besoin également d’organiser mes idées pour les clarifier. Quand je tombe dans l’hyper-analyse, je sors de ce fonctionnement naturel. Et je le ressens comme la peur de faire des mauvais choix, donc la peur de l’échec. C’est donc un mouvement de l’égo.
Quel que soit ton projet, prends le temps de poser la vision, le concept et les étapes-clés pour le concrétiser. L’idée n’est pas d’être exhaustive et d’avoir un plan d’actions ultra détaillé pour passer à l’action, mais d’avoir une ligne directrice à suivre.
L’invitation ici est de passer à l’action, même en information incomplète. Tu auras toujours le temps d’ajuster et d’affiner tout au long du projet.
3. Piste #3. Tu repousses l’échéance de la mise en action.
Créer une offre ou un projet artistique, ça part forcément de soi, de ses tripes. C’est intime, vulnérable et aussi audacieux parce qu’on y dépose nos valeurs de vie et notre perspective sur une problématique que l’on a observé du monde.
Repousser l’échéance de sortir une offre ou une création artistique peut être lié à un sentiment d’illégitimité ou au syndrome de l’imposteur. J’y entrevois aussi une réactivation d’une blessure de rejet et la peur de la critique par anticipation.
Pour traverser ces moments, cela demande d’être extrêmement bienveillante avec toi, car c’est une part de toi qui demande à être regardée avec amour et compassion, et à être accompagnée pour être dépassée.
Ne tombe pas dans la procrastination, regarde plutôt vraiment ce qu’il se joue ici. Rappelle-toi pourquoi tu entreprends ce projet et pour qui. Reconnecte-toi à l’essence et à la beauté du message que tu as à délivrer.
Essaie de retomber en amour avec ce projet.
4. Trois solutions pour sortir de cette spirale
Solution #1. Tenir un journal émotionnel
Depuis plusieurs mois, j’écris tous les matins dans « mon journal émotionnel » avant de commencer ma journée de travail. J’y inscris ma météo énergétique et émotionnelle à l’aide d’un code couleur. Puis, en écriture inspirée ou intuitive, j’écris ce par quoi je traverse. Parfois, je pose des questions à la vacuité. Mais comme le vide n’est pas vide, je reste rarement sans réponse !
Réserve-toi un joli carnet pour ce travail d’introspection, en dehors de ton carnet où tu y inscris tes idées. Choisis le moment le plus propice pour toi. Je le fais le matin, mais tu peux aussi le faire en soirée pour revenir sur les émotions et difficultés vécues pendant la journée.
Pourquoi c’est une solution créative intéressante ?
L’écriture permet de sortir des pensées ruminantes et de les poser noir sur blanc. Le mental est en vérité un fabuleux outil. Bien utilisé, il permet d’activer des ressources intérieures pour trouver ses propres solutions.
Et c’est la définition même de la créativité !
Solution #2. Libérer tes émotions et leur donner du sens au travers d’une activité artistique
Quand on est bon dans un domaine artistique, passer par une autre forme d’art est un moyen efficace pour canaliser cette vulnérabilité et lui offrir un espace nouveau d’expression.
Moi, j’ai choisi la peinture. Je me suis achetée un kit créatif (aquarelle, pastels secs, gouache) et je pose dans mon planning de la semaine 1 à 2 heures d’activité artistique. C’est un travail plus intérieur qu’il n’y paraît, parce que la pensée initiale qui me traverse au moment de poser le pinceau, c’est : « je vais rater » ou « ça va être nul ». Mais, ensuite, le plaisir de mélanger les couleurs et juste d’être dans le mouvement prend le dessus.
C’est comme se reconnecter à sa part d’enfant, cette partie de nous qui est curieuse d’explorer sans pression ni attentes particulières. Ce bout de notre âme que l’école et l’éducation ont piétinée en nous faisant entrer dans un état d’esprit de compétition. C’est très libérateur d’entreprendre quelque chose sans y mettre un enjeu de dingue.
Mon invitation pour toi ici est de trouver une activité artistique ou manuelle qui permet de canaliser ta sensibilité et ta créativité autrement que par le médium que tu maîtrises, et de te reconnecter au plaisir pur de l’expression de toi-même par le mouvement.
Solution #3. Passer par la parole pour poser des mots sur tes ressentis.
Par la parole, on sort de son mental, et on se confronte à une autre perspective que la sienne. On évite de rester en circuit fermé à l’intérieur de soi où les émotions et le jugement sur ces émotions créent une énergie stagnante qui finit par nous desservir et nous poser en échec. Les bienfaits de la parole permettent de sortir de l’extrême exigence, pour ne pas dire dureté, que l’on s’inflige à nous-mêmes, et de rendre naturel ce mécanisme de bienveillance envers soi.
Le coaching est l’outil parfait pour ça, mais si tu n’as pas le budget maintenant pour te faire superviser, il existe d’autres moyens.
Une fois par mois, je participe à des ateliers de co-développement avec d’autres entrepreneures. On s’est rencontré lors d’une formation, et on a décidé de continuer l’aventure seules de notre côté. Au cours de nos séances, on se motive, on se challenge, on partage nos avancées et on s’offre mutuellement des prises de recul sur nos états intérieurs.
Et j’ai intégré depuis 2 ans un réseau de femmes entrepreneuses, Les Elles d’Ariège, et chaque mois, nous avons une rencontre conviviale où on prend le temps de déposer par la parole nos challenges ou nos réussites du moment, ainsi qu’un atelier thématique pour avancer sur un aspect de notre business.
Mon invitation pour toi ici est de t’appuyer sur une ou des personnes ressources de confiance dans ton univers de soutien. Choisis des personnes qui sauront entrer en empathie avec ce que tu traverses. Partage ce par quoi tu passes, et sois à l’écoute et ouverte à la mise en perspective que cette personne peut t’offrir.
Voilà ce que je voulais te partager aujourd’hui.
J’espère que ces trois pistes de réflexion t’auront aidé à trouver quelques clés pour te replacer sur une bonne dynamique. Et si tu sens que tu as besoin d’être accompagnée sur ce sujet, découvre mon coaching Zen et Epanouie dans mon Business.
Crédit photo : Santiaga / Getty Images