S’il y a bien une notion associée aux entrepreneur(e)s, c’est bien celle-ci : il faut travailler sur son mindset.
Et, apparemment, avoir le bon état d’esprit (le bon mindset, donc) est la clé du bonheur et de la réussite !
Personnellement, je ne résonne plus avec cette idée, et je t’explique pourquoi dans cet article.
– Dans cet article –
1. C’est quoi au juste, le mindset ?
2. La problématique de la notion d’effort et de persévérance
3. L’arnaque derrière l’idée de s’améliorer, d’évoluer, de travailler sur soi
4. Pourquoi parler de souveraineté et de posture intérieure est davantage à ton service
5. Un exemple personnel concret de reprise de souveraineté et changement de posture intérieure
1. C’est quoi au juste, le mindset ?
Le mindset, c’est ce qui compose la psyché d’une personne, c’est-à-dire son conscient et son inconscient. Cela se traduit par tout un ensemble de croyances, de schémas de pensées, de comportements, d’émotions, d’humeurs, etc.
Il y a deux types de mindset :
1. L’état d’esprit fixe : Il part de la croyance que nos talents et nos aptitudes sont innés, déterminés, limités, statiques. Dit autrement, c’est gravé dans le marbre.
Les personnes avec un état d’esprit fixe :
- évitent les challenges par peur d’échouer ou d’être jugées, donc n’élargissent jamais leur zone de confort.
- vivent les défis de la vie comme des punitions (souvent divines, il faut le dire !), et se posent en victime de leurs circonstances.
- croient que l’effort n’est pas nécessaire si on est vraiment talentueux dans un domaine.
- perçoivent les échecs comme le miroir de leurs capacités limitées.
- hésitent à rechercher le feedback, par peur de la critique.
2. L’état d’esprit orienté croissance : Il part du postulat inverse avec la conviction que nos aptitudes et notre intelligence ne sont ni statiques ni déterminées, mais sont en constant développement.
Les personnes avec un état d’esprit orienté croissance :
- voient les challenges comme des opportunités pour se dépasser et grandir.
- croient que l’effort est le chemin vers la maîtrise.
- comprennent que les échecs ne sont pas une fin en soi, mais font partie du chemin vers un processus d’apprentissage.
- recherchent régulièrement le feedback pour s’améliorer et évoluer.
Les neurosciences soutiennent plutôt le 2e type, en mettant au jour que le cerveau est malléable, et que nous sommes donc en capacité d’aiguiser une compétence ou un talent à coup d’effort et de persévérance. Il est fort à parier qu’on oscille entre les deux mindsets en fonction des aspects qui nous composent.
Naturellement, j’ai plutôt un état d’esprit orienté croissance, et il m’a bien servi depuis ces (presque) douze dernières années d’entrepreneuriat.
Mais je ne résonne plus avec les deux notions qui sous-tendent cet état d’esprit : la notion d’effort et de persévérance, et l’idée de s’améliorer et de travailler sur soi.
2. La problématique de la notion d’effort et de persévérance
On ne va pas se mentir : tenir sur la durée dans l’entrepreneuriat demande d’aller contacter en soi de profondes ressources de force et de résilience.
Mais derrière cette notion d’effort et de persévérance, j’entends : “Il faut un mental en béton pour réussir”. Cette idée est véhiculée par la mise en lumière d’artistes, de sportifs et d’entrepreneurs de haut niveau.
Et cela donne la vérité culturellement admise : « Plus on en chie, plus notre réussite aura de la valeur et du goût. »
Sous-entendu que cette réussite est décrochée à la sueur de notre front et grâce aux différents sacrifices qu’on aura fait pour y arriver. Et si c’est trop fluide et facile, c’est louche !
Il y a un truc hyper déconnant pour moi dans cette notion.
Parce que toutes les personnes qui ont connu le burn-out ou la dépression à un moment donné de leur carrière professionnelle (et cela inclut ces personnalités de haut niveau) avaient justement « ce moral en béton ».
Elles ont tenues coûte que coûte, malgré les cris de leur corps, de leur cœur, de leurs intuitions les plus fulgurantes. Et elles en ont payé le prix fort.
Il y a une citation de l’acteur américain Jim Carrey que j’aime beaucoup : “La dépression, c’est le corps qui dit ‘Je ne veux plus nourrir ce personnage que tu as crée dans le monde. C’est trop pour moi’.”
Interrogeons-nous justement sur ces identités et ces personnages construits depuis notre enfance pour « être méritants ».
Il n’y a pas à chercher bien loin : on voulait être aimés de nos parents ! Notre survie d’être bien intégrés à notre tribu et nos besoins en soins et en sécurité affective en dépendaient.
Aujourd’hui, je ne parle plus d’effort et de persévérance, mais d’engagement. Cela passe autant par l’engagement envers mon entreprise et mes clientes, que par une écoute profonde de mes besoins et de mes limites.
3. L’arnaque derrière l’idée d’évoluer, de s’améliorer, de travailler sur soi
C’est la grosse carotte du développement personnel ! Il y a tout une économie montée sur cette idée du “pas assez”, du “presque”, du “pas encore”. Avec en filigrane, cette idée bien judéo-chrétienne d’en chier pour mériter sa place au Paradis. Se repentir, expier ses fautes, etc.
Sauf que c’est sans fin, cette histoire ! Avec toutes les vies antérieures qu’on a, et tout ce qu’il s’est passé dans nos lignées, on peut passer notre vie entière à “nettoyer”.
Perso, mon nom est Carole, pas CIF – Cuisine et Salle de bain.
Si je me branche donc sur cette idée du travail sur soi, ce n’est plus du tout joyeux pour moi. Pire, je ressens la grosse arnaque ! Parce que ça repousse aux calendes grecques notre droit à la joie, au bien-être et au bonheur… maintenant !
Et ça part aussi du postulat qu’on a une seule ligne de vie à notre disposition dans cette incarnation et qu’on évolue dans cette linéarité. Cela veut dire qu’on est okay pour valider l’idée que notre passé détermine notre présent, et donc pour accepter l’idée qu’on peut en être prisonnière.
Alors, ça, c’est bien un frein à la guérison !
Je ne juge pas. J’ai participé aussi à cette économie en investissant massivement dans des stages et des soins lors de mon éveil de conscience. Quand j’ai compris que ça ne me menait nulle part, dans le sens où je n’étais pas plus épanouie ni manifestante de mes plus belles aspirations, j’ai arrêté.
J’ai un regard différent aujourd’hui. Je crois aux multivers. Au « déjà accompli » que transmet l’auteur Laurent E. Lévy.
Un soir, dans mon lit, j’ai reçu la vision que toute la Création est terminée. Tous les scénarios possibles sont écrits, toutes les lignes temporelles à disposition.
Ma seule action est de poser les choix que je pense justes pour moi à chaque instant. Chaque choix, et chaque acte qui en découle, allume une partie d’une ligne. A tout moment, avec un choix différent, je peux en activer une autre.
Et ce qu’on appelle “destinée” n’est en fait que l’addition de choix mis bout à bout
Si je crois en ça (donc je valide l’idée que la Création est terminée), alors je crois qu’il y a plusieurs versions ultra kiffantes de Carole qui sont déjà créées !
Pourquoi donc nourrir une version de moi-même blessée ou en galère, à coup de thérapies diverses, alors qu’il en existe d’autres versions qui m’attendent. T’es d’accord, vu comme ça, ça n’a pas de sens !
Ainsi, aujourd’hui, je ne parle plus d’évolution, de travail sur soi.
Je parle de souveraineté et de posture intérieure. Je choisis mes plus belles lignes temporelles et tout ce que la Vie m’envoie (opportunités comme obstacles), c’est une invitation pour dire « oui », ou pour ajuster mes désirs ou pour choisir quelle personne j’ai envie d’être dans l’instant présent.
Voyons ça en détail !
4. Pourquoi parler de souveraineté et de posture intérieure est davantage à ton service
La souveraineté, c’est ramener dans nos corps le souvenir qu’on est tous et toutes des Créateurs choisissants et validants.
Si on regarde vraiment de près, à chaque instant de notre vie, on a choisi. On a dit oui ou non à une invitation, une opportunité, une relation. On a choisi de porter un certain regard ou de réagir d’une manière spécifique à un événement, une situation.
Quand bien même notre inconscient serait peuplé de croyances apprises ou héritées, il faut une validation intérieure au préalable, parce que la Vie nous a toujours renvoyer, dans la forme, l’ensemble de nos systèmes de croyance.
La Vie a cette générosité-là
Reprendre sa souveraineté, pour moi, c’est décider dès à présent des règles du jeu de notre monde. Pas “du” monde. De “notre” monde. Celui qui est intérieur et qui se manifeste dans la forme à l’extérieur. Celui qui va créer “notre” réalité, et pas “la” réalité.
C’est valider que notre vraie liberté – et peut-être même la seule – est dans la puissance de nos choix. Ce qu’on appelle aussi la Libre Volonté (notion bien plus affirmée et sécurisante que le libre arbitre).
La posture intérieure, quant à elle, c’est vivre et œuvrer :
a) à partir d’un espace d’amour inconditionnel pour soi.
On dit toujours qu’aimer quelqu’un, c’est un choix et une pratique de tous les jours, pas seulement un sentiment. Même idée ici.
Pratiquer l’amour de soi inconditionnel,
- c’est faire entrer dans sa vie l’auto-compassion ;
- c’est la capacité de poser des limites saines avec son entourage ;
- c’est honorer son propre rythme de croissance et d’apprentissage ;
- c’est œuvrer à partir d’un espace où on se respecte profondément ;
- c’est prendre grand soin de soi au niveau physique, émotionnel et psychologique.
Dit autrement, c’est se foutre une paix… royale !
b) dans la reconnaissance de la souveraineté de l’autre.
Eh oui ! Reprendre sa souveraineté, c’est aussi offrir à l’autre la même opportunité !
Reconnaître la souveraineté de l’autre,
- c’est arrêter de nourrir le triangle « Bourreau-Victime-Sauveur » ;
- c’est respecter sa vision du monde sans juger, même si on pense différemment ;
- c’est respecter les choix de l’autre, même si ce n’est pas en accord avec nos valeurs ;
- c’est lui laisser le temps dont il/elle a besoin pour grandir à son propre rythme, et non sur notre propre timing.
Et comme on éprouve de l’amour pour nous-mêmes, décider si c’est juste pour soi de continuer à nourrir la relation ou la situation… ou pas !
Nourrir l’estime et la confiance en soi passe aussi par nourrir l’estime et la confiance en l’autre.
Ainsi, quand on entreprend à partir d’un espace souverain et d’amour de soi inconditionnel, l’effort et la persévérance ne veulent plus rien dire, car tout part de nos choix, reflets de nos désirs, de nos élans, de nos ambitions.
Tout part aussi de l’Intelligence de notre corps, de nos ressentis, de nos intuitions, de nos instincts. Le mental ne devrait être qu’un outil mis au service de tout ça.
Pour moi, il devrait arriver en second. Pas être le Capitaine du navire. Surtout pas le Capitaine du navire !
Or, travailler sur son mindset, c’est donner beaucoup d’amour et de nourriture à son mental ! C’est croire que c’est lui qui a les solutions. Mauvaise pioche ! Notre mental est juste un outil de conceptualisation, de planification. C’est une mauvaise idée de le mettre aux commandes de ton entreprise !
Ce gros shift de perception demande du courage, je ne le nie pas. Mais crois-moi, ça rend la vie plus simple, légère, fluide et joyeuse !
4. Un exemple concret personnel de reprise de souveraineté et de changement de posture intérieure
Voici un exemple récent de transformation : Ma relation aux réseaux sociaux !
Mon mindet d’avant :
« Les réseaux sociaux, ça me saoulent et je ne sais pas sur quoi communiquer. Cela ne sert à rien, il n’y a que les trucs ludiques ou superficiels qui marchent. Je n’ai pas envie de nourrir ça. Je ne suis pas Influençeuse ! »
C’était la pensée de surface. Cela m’a valu de me retirer des réseaux sociaux pendant 18 mois il y a quelques années, et d’y revenir pas plus présente ni engagée !
La pensée racine était en vérité : « Si je me montre telle que je suis et que je m’affirme et partage mes idées et ma façon de voir les choses, est-ce que je suis en sécurité ? Est-ce qu’on va me juger ou me critiquer ? »
Comment ça s’exprimait au quotidien : brouillard mental, manque d’idées, procrastination, irrégularité, perfectionnisme sur chaque texte et sur Canva, comparaison, auto-flagellation, panique à la publication, publier à des “heures stratégiques” – et quand j’avais dépassé l’heure, bah “on verra demain !”
-Ma posture intérieure d’aujourd’hui, après reprise de souveraineté et retour à un amour pour moi :
« Les réseaux sociaux ont été conçus pour être un espace d’expression pour chacun. Je prends ma place et fais de mes réseaux un contenant pour ma propre expression artistique et authentique. »
La pensée racine qui soutient ça : « Je suis suffisamment mature, sécure et stable intérieurement pour m’affirmer dans le calme et communiquer sur mon expérience et ma vision des choses. Je ne suis pas faite pour tout le monde, et c’est ok. Tout le monde a droit à une opinion, c’est la richesse de ce monde. »
Comment ça s’exprime maintenant au quotidien : clarté sur les sujets à aborder, abondance d’idées, créativité décuplée, fluidité dans l’exécution, écriture rapide, spontanéité dans la publication, vision en tunnel (je ne regarde plus ce que font les autres), régularité, joie du partage, curiosité quant aux posts qui ont plu, envie naissante d’être plus stratège.
Pas d’efforts à fournir, pas de persévérance à aller contacter. Pas de mindset à travailler et à maintenir. Juste de l’engagement à honorer mes choix pour manifester un business zen, joyeux et prospère sur la durée !
Crédit photos : Max Benchelko / Canva